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GÉNOCOST au Nord-Kivu : Au-delà des hommages, Beni réclame justice et prise en charge

GÉNOCOST au Nord-Kivu : Au-delà des hommages, Beni réclame justice et prise en charge

À la veille de la Journée nationale de commémoration du génocide congolais (GENOCOST), célébrée ce 2 août, le site de Mbelu au Nord-Kivu a fait peau neuve. Ce samedi 1er août 2026, autorités et citoyens se sont rassemblés pour un « salongo » spécial, un travail communautaire destiné à honorer la mémoire des millions de victimes des conflits armés et des violences sexuelles en République démocratique du Congo. Mais derrière le symbole, le cri de détresse des survivants résonne plus fort que jamais.

Pour la coordination urbaine de la société civile de Beni, le devoir de mémoire ne peut pas se résumer à des cérémonies annuelles et des stèles fleuries. Son président, Maître Pépin Kavotha, interpelle directement Kinshasa et le gouvernement provincial : il faut des actes concrets pour les vivants.

Les familles endeuillées par les massacres des rebelles ADF (Forces démocratiques alliées) se trouvent aujourd’hui dans un abandon total. Maître Kavotha insiste sur l’urgence d’un triple accompagnement : psychosocial, médical et économique.

Sur le terrain, les traumatismes non traités se transforment en troubles mentaux profonds, illustrant les failles d’une prise en charge quasi inexistante pour les rescapés.

L’État appelle à rompre avec les groupes armés

Présent à Mbelu pour représenter le gouverneur militaire de la province, Issa Kalobera, conseiller principal chargé de l’intérieur, a tenu à lier l’hommage aux victimes à l’impératif de sécurité. Pour lui, la paix ne reviendra pas sans une rupture totale entre la population et les groupes armés.

Tout en réitérant la détermination de l’exécutif à pacifier la région, le représentant de l’autorité provinciale a fustigé la complicité interne qui alimente le chaos. « Le génocide est un crime que le monde entier condamne. Ceux qui collaborent avec les assaillants doivent abandonner cette pratique », a-t-il martelé, appelant à l’unité nationale pour que ces atrocités cessent définitivement.

Alors que la RDC se recueille ce 2 août, le message revient au même : commémorer le GENOCOST, c’est soigner les traumatismes du passé tout en coupant court aux complicités qui endeuillent le présent.

Azarias Mokonzi

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