Ituri : A Mungamba, des officiers militaires accusés d’extorquer des civils ayant payé les « jetons » imposés par les ADF
Alors que les terroristes des Forces démocratiques alliées (ADF) continuent de semer la terreur dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, les populations civiles sont contraintes de s’adapter à une insécurité persistante. Depuis plusieurs mois, les ADF imposeraient aux habitants le paiement de « jetons » leur permettant de circuler librement et d’accéder à certaines zones rurales sous leur contrôle. Faute d’alternative, de nombreux civils se résignent à cette nouvelle stratégie des rebelles, qui consolide progressivement leur emprise sur ces localités.
Dans un communiqué, Christophe Munyanderu, activiste des droits humains dans la région, dénonce des abus présumés commis par certains officiers des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) déployés à Mungamba. Selon lui, des militaires prendraient pour cible des civils trouvés en possession de ces jetons délivrés par les ADF. Déjà victimes de massacres et d’autres formes de violences, ces habitants seraient arrêtés puis contraints de verser d’importantes sommes d’argent pour retrouver leur liberté.
« Aujourd’hui, les militaires FARDC cherchent à se justifier pour accentuer davantage la souffrance de la population en arrêtant ceux qu’ils trouvent avec les jetons des ADF. Pour être libérés, ils sont contraints de payer des amendes. Le cas le plus récent remonte à cette semaine : plusieurs civils ont été arrêtés et le commandant en place leur a imposé une amende de 500 dollars américains chacun pour obtenir leur libération », affirme Christophe Munyanderu.
Face à la gravité de la situation, l’Association pour la promotion des droits des enfants et des femmes vulnérables (APDEFV) appelle les autorités compétentes à enquêter sur ces allégations visant des officiers militaires basés à Mungamba, dans le groupement Bapukulu, en chefferie de Walese Vonkutu, territoire d’Irumu.
L’activiste demande également l’implication du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) afin de mettre fin à ces pratiques présumées. Il rappelle que la mission des FARDC est de poursuivre les ADF jusqu’à leur dernier retranchement et d’assurer la protection des populations civiles, plutôt que de sanctionner des habitants qui, selon lui, sont avant tout des victimes des exactions commises par ce groupe armé depuis plusieurs années.