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RDC : 382 violations des droits humains documentées en avril 2026, le BCNUDH tire la sonnette d’alarme

RDC : 382 violations des droits humains documentées en avril 2026, le BCNUDH tire la sonnette d’alarme

La situation des droits humains en République démocratique du Congo demeure alarmante, particulièrement dans les provinces touchées par les conflits armés. C’est le constat dressé par le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) dans son communiqué présentant les principales tendances des violations des droits humains pour le mois d’avril 2026. Si le nombre de cas documentés a diminué par rapport au mois de mars, l’agence onusienne appelle à interpréter cette baisse avec prudence.

Selon le BCNUDH, les violences restent concentrées dans les provinces de l’Est, où les affrontements entre les différents acteurs armés continuent de faire de nombreuses victimes civiles.

« Au cours du mois d’avril 2026, la situation des droits humains est demeurée préoccupante, particulièrement dans les provinces affectées par le conflit armé. Les affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) alliées aux Wazalendo et l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23) appuyée par les forces armées rwandaises, avec une utilisation persistante des drones et de l’artillerie lourde, se sont poursuivis dans plusieurs territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, tandis que l’activisme des Allied Democratic Forces (ADF) en Ituri et au Nord-Kivu ainsi que la reprise des attaques de la Coopérative de développement du Congo (CODECO) et de la Convention pour la révolution populaire (CRP) à Djugu ont continué d’exposer les populations civiles à de graves risques de protection. Ces violences se sont accompagnées d’exécutions sommaires, d’enlèvements, de déplacements forcés et de pillages », souligne le communiqué.

Le BCNUDH indique avoir documenté 382 violations et atteintes aux droits humains durant le mois d’avril, contre 524 en mars, soit une baisse de 27 %. Toutefois, cette diminution ne traduit pas nécessairement une amélioration de la situation sur le terrain.

« Cette diminution apparente doit toutefois être interprétée avec prudence en raison des contraintes de documentation et d’accès à certaines zones touchées par l’insécurité. Les provinces affectées par le conflit ont concentré 334 violations et atteintes, soit 87,4 pour cent du total documenté. Les groupes armés demeurent responsables de la majorité des violations et atteintes enregistrées, avec 79,34 pour cent des cas. L’AFC/M23 demeure le principal auteur présumé avec 130 atteintes documentées, suivie des Wazalendo (58), des groupes Maï-Maï (23) et des ADF (21). Les agents de l’État ont quant à eux été responsables de 109 violations, principalement imputables aux FARDC et à la PNC », précise le rapport.

Le document revient également sur les violences sexuelles liées au conflit, qui continuent d’affecter principalement les femmes et les filles.

« Au cours du mois d’avril, le BCNUDH a documenté au moins 37 cas de violences sexuelles liées au conflit, ayant affecté 52 victimes, dont 36 femmes et 16 filles. Bien que ce chiffre soit inférieur à celui du mois précédent, où 70 victimes avaient été recensées, les violences sexuelles continuent d’être utilisées comme moyen de représailles dans les zones de conflit. Le Nord-Kivu concentre 60 pour cent des victimes, suivi de l’Ituri avec 31 pour cent et du Sud-Kivu avec 8 pour cent. Les auteurs présumés comprennent aussi bien des groupes armés que des acteurs étatiques, notamment les FARDC, auxquelles sont attribuées 15 victimes. Parmi les groupes armés, le M23 est responsable du plus grand nombre de victimes (12), suivi des ADF (6) et des groupes Maï-Maï (4) », indique le BCNUDH.

L’espace civique demeure également sous pression. Douze violations et atteintes aux droits humains en lien avec les libertés fondamentales ont été recensées au cours du mois, touchant 23 victimes.

Par ailleurs, le Bureau conjoint affirme avoir documenté huit cas concernant des défenseurs des droits humains et des journalistes victimes de menaces ciblées, rappelant que ces catégories d’acteurs restent particulièrement exposées dans les zones de conflit ou dans les contextes politiques sensibles.

Sur le plan judiciaire, le BCNUDH fait état de 66 procédures traitées par les juridictions militaires pour des violations des droits humains impliquant des militaires des FARDC, des agents de la Police nationale congolaise (PNC) ainsi que des civils. Dix personnes ont été condamnées à la peine de mort au cours de la période concernée. Avec l’appui du BCNUDH, 23 victimes, dont 12 femmes, ont également bénéficié de mesures de protection judiciaire.

L’agence des Nations unies souligne avoir poursuivi ses actions de renforcement des capacités en organisant sept sessions de formation destinées aux autorités judiciaires, administratives, sécuritaires ainsi qu’aux organisations de la société civile. Ces formations ont réuni 188 participants, dont 55 femmes, autour de thématiques portant notamment sur la prévention des violations des droits humains, la documentation des cas, la protection des défenseurs des droits humains et le respect des normes applicables au maintien de l’ordre.

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