Est de la RDC : Privés de financements extérieurs, les ADF accentuent l’extorsion
Les Forces démocratiques alliées (ADF) traversent une crise financière sans précédent. Actif dans les territoires de Beni, Lubero (Nord-Kivu), ainsi qu’en Irumu, et Mambasa (Ituri), ce groupe armé d’origine ougandaise subit une baisse drastique de ses financements extérieurs. C’est le constat alarmant dressé par le dernier rapport du groupe d’experts des Nations Unies.
La chute des revenus extérieurs des ADF découle directement de la pression antiterroriste internationale. Les opérations ciblées menées en Somalie contre l’État islamique (Daech), le principal commanditaire des ADF ont sévèrement touché ses réseaux de financement.
Privés de leurs subsides habituels, les terroristes des ADF ont dû revoir totalement leur stratégie de survie économique pour maintenir leurs opérations à l’est de la RDC. Pour compenser ce manque à gagner, le mouvement s’est replié sur une exploitation féroce des populations civiles à travers diverses pratiques illicites.
« Dans la plupart des cas, ces taxes étaient perçues de manière coercitive. Dans une vidéo de propagande, Bonge la Chuma, qui appartient aux ADF, a déclaré que les membres de la population devaient soit se convertir à l’islam, soit payer des taxes, sous peine d’être tués ou expulsés des zones contrôlées par le groupe », lit-on dans ce document.
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Dans les territoires de Lubero, Irumu et Mambasa, l’extorsion a été hautement formalisée. Les rebelles ont instauré des reçus obligatoires appelés les jetons « Dubius » qui font office d’autorisation de circuler, tandis que les tickets « Amani na Upendo » (Paix et Amour) ou « Délivrance Cacao » prouvent le paiement des taxes par les producteurs locaux.
L’islamisation forcée comme arme d’extorsion
L’idéologie religieuse est désormais utilisée comme un outil de chantage économique. Le rapport de l’ONU cite une vidéo de propagande de Bonge la Chuma, un cadre des ADF. Ce dernier y pose un ultimatum clair aux habitants des zones sous contrôle rebelle : se convertir à l’islam ou payer des taxes, sous peine d’exécution ou d’expulsion. Pour les paysans démunis, la conversion forcée reste le seul moyen d’éviter la mort.
Les enlèvements contre rançon sont devenus une source de revenus critique. En début d’année, le long de l’axe routier stratégique Komanda-Luna et près de Mamove, les ADF ont multiplié les kidnappings collectifs. Le rapport de l’ONU confirme que les civils capturés incapables de payer les sommes exigées ont été systématiquement exécutés. Cette dérive ultra-violente illustre aux yeux des experts la détresse financière d’un groupe aux abois, mais toujours extrêmement nuisible pour la région.