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Beni : Déplacée de guerre, Alice Kamate mise sur le commerce de poissons salés pour faire vivre sa famille

Beni : Déplacée de guerre, Alice Kamate mise sur le commerce de poissons salés pour faire vivre sa famille

Fuyant l’insécurité et les affrontements armés qui secouent la ville de Goma, plusieurs familles déplacées ont trouvé refuge à Beni, chef-lieu provisoire de la province du Nord-Kivu. Parmi elles, de nombreuses femmes ont choisi de ne pas dépendre exclusivement de l’assistance humanitaire et se tournent vers de petites activités génératrices de revenus pour subvenir aux besoins de leurs ménages.

C’est le cas d’Alice Kamate, mère de quatre enfants, qui a décidé de se lancer dans le commerce de poissons salés dès son arrivée à Beni. Grâce à cette activité, elle parvient à assurer tant bien que mal la survie de sa famille dans un contexte marqué par les difficultés économiques et la précarité des conditions de vie des personnes déplacées.

Selon elle, attendre une aide humanitaire n’était pas une option. Convaincue qu’elle disposait encore de la force nécessaire pour travailler, elle a préféré miser sur l’entrepreneuriat avec l’appui d’un membre de sa famille.

« Ici à Beni je vis grâce à l’auto prise en charge, je fais l’achat et la revente des poissons. Je me suis rendu compte que je ne pouvais pas attendre l’aide humanitaire, parce que j’ai, moi-même, de la force et j’ai eu un renfort de mon grand frère qui m’a envoyé un petit rien. Il m’a recommandé d’entreprendre pour ainsi trouver de quoi nourrir les enfants », témoigne-t-elle.

À travers son expérience, cette déplacée de guerre lance un appel aux autres personnes ayant fui les combats afin qu’elles développent des initiatives leur permettant de répondre à leurs besoins essentiels.

« Aux autres je recommande de ne pas attendre de l’aide surtout qu’ils ont de la force, les bras et les jambes en forme. Qu’ils fournissent les efforts de trouver un boulot et commencer à travailler, faire tout job sans distinction, faire tout ce qui va se présenter, pourvu qu’ils trouvent la nourriture à donner aux enfants », conseille Alice Kamate.

Dans un contexte où les besoins humanitaires restent importants dans l’est de la République démocratique du Congo, le parcours d’Alice Kamate illustre la résilience dont font preuve de nombreuses femmes déplacées. Malgré les traumatismes liés à la guerre et les difficultés du déplacement, elles continuent de chercher des solutions pour assurer la survie de leurs familles et reconstruire progressivement leur quotidien.

Franck Kaky

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