Massacres à Beni : Denis Mukwege dénonce des « crimes contre l’humanité » et une « épuration identitaire »
Dans une déclaration cinglante, le prix Nobel de la paix Denis Mukwege a condamné les dernières tueries perpétrées par les terroristes islamistes des Forces démocratiques alliées (ADF) dans le quartier Ngadi, en ville de Beni, et dans l’agglomération de Vemba, dans le territoire de Beni au Nord-Kivu.
Le gynécologue a dénoncé ces violences qui ont visé des civils innocents et vulnérables. Estimant que ces attaques ayant ciblé des autochtones pygmées constituent « non seulement des crimes contre notre mémoire et contre notre diversité fondatrice, mais aussi des crimes contre l’humanité », il a haussé le ton.
Se référant au mode opératoire des assaillants, il a dénoncé « avec force ce qui s’apparente, depuis plusieurs années déjà, à un projet méthodique d’épuration identitaire et d’intolérance religieuse exécuté par les terroristes ADF, ciblant principalement les ethnies originaires de Beni, de ses environs et de l’Ituri, ainsi que les communautés chrétiennes».
Le prix Nobel de la paix n’a pas caché sa désolation vis-à-vis du gouvernement congolais quant à sa gestion de cette crise. « Nous exhortons les autorités congolaises à sortir d’une compassion hypocrite qui confine à la complicité, et à sortir de la léthargie qui les déconnecte de manière déconcertante des réalités vécues par nos compatriotes à 2 000 kilomètres de Kinshasa », a-t-il insisté.
Il a également exhorté la communauté internationale à « rompre avec la solidarité à géométrie variable et le deux poids, deux mesures lorsqu’il s’agit des crimes imprescriptibles commis en République démocratique du Congo, qui ne peuvent demeurer impunis». Au total, 23 civils ont été tués au cours de ces attaques et plusieurs autres sont portés disparus.
Azarias Mokonzi
Une véritable épuration ethnique contre les originaires de Beni-Ituri