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RDC: Denis Mukwege sonne l’alarme contre une « dérive autoritaire »

RDC: Denis Mukwege sonne l’alarme contre une « dérive autoritaire »

Le prix Nobel de la paix congolais, Denis Mukwege, vient de monter au créneau contre le débat naissant autour d’une possible révision constitutionnelle en République démocratique du Congo. Dans une déclaration publiée ce lundi 17 mai 2026, l’ancien candidat à la présidentielle a dénoncé ce qu’il qualifie de menace contre les principes fondamentaux de la démocratie congolaise.

Alors que plusieurs voix proches du pouvoir évoquent depuis quelques semaines la possibilité d’un changement de la Constitution afin de permettre au président en exercice de briguer un nouveau mandat, Denis Mukwege estime que « les principes de base de la démocratie sont à nouveau en danger en RDC ».

Dans son texte, le gynécologue et militant des droits humains accuse le pouvoir de vouloir « s’accrocher au pouvoir en érigeant un système basé sur le culte de la personnalité, au mépris du principe de l’alternance démocratique ». Il considère que ce débat intervient dans un contexte particulièrement fragile, marqué par l’insécurité persistante dans l’Est du pays et les tensions politiques nationales.

« Alors que le pays traverse une crise multiforme et fait face à une menace existentielle suite à la dernière guerre d’agression et d’occupation dans l’Est de la RDC, la Nation semble à la merci d’un homme », écrit-il dans sa déclaration.

Le prix Nobel rappelle également que la souveraineté appartient au peuple congolais et non à « une fraction du peuple ni à un individu ». Une manière de dénoncer ce qu’il perçoit comme une concentration excessive du pouvoir autour du chef de l’État et de sa majorité politique.

Au-delà du débat sur un éventuel troisième mandat, Denis Mukwege évoque aussi le spectre d’un nouveau report des élections prévues en 2028. Selon lui, les arguments sécuritaires avancés pour justifier certaines difficultés d’organisation électorale pourraient ouvrir la voie à un « glissement » du calendrier.

L’ancien candidat à la présidentielle estime notamment que les violences dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ne peuvent être utilisées de manière sélective. « Les mêmes raisons empêcheraient l’organisation d’un référendum national permettant au souverain primaire de s’exprimer sur un changement de la Loi fondamentale », souligne-t-il.

Dans cette déclaration, Mukwege critique également ce qu’il appelle les contradictions de certains acteurs politiques qui, autrefois opposés à toute modification de la Constitution, défendraient désormais l’idée d’une révision.

Franck Kaky

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