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Beni : Ville paralysée, des jeunes arrêtés, l’état de siège contesté

Beni : Ville paralysée, des jeunes arrêtés, l’état de siège contesté

La ville de Beni, dans la province du Nord-Kivu, a connu une journée de paralysie quasi totale ce jeudi 14 mai 2026. Répondant à l’appel de plusieurs groupes de pression et mouvements citoyens, la population a décrété une journée « ville morte » pour protester contre la dégradation de la situation sécuritaire dans la région.

Boutiques, magasins, marchés et écoles sont restés fermés toute la journée. Le transport en commun a également été fortement affecté, rendant les rues de la ville inhabituellement calmes. Cette action vise à interpeller les autorités sur le cycle de violences qui continue d’endeuiller la population.

Clovis Mutsuva, l’un des organisateurs de cette journée de protestation, a vivement dénoncé la situation sécuritaire, qu’il qualifie de dualité meurtrière.

« Si les bandits inquiètent la ville, les ADF massacrent dans le territoire, mais aucune mesure n’est prise. Les civils sont tués et nos économies sont paralysées », a fustigé le militant.

Face à ce qu’ils considèrent comme un échec, les organisateurs ont exigé la levée immédiate de l’état de siège, une mesure spéciale en vigueur depuis plusieurs années dans la région.

« L’état de siège est très inefficace. Nous exigeons sa levée. Les autorités militaires sont devenues très défaillantes et ont vraiment démontré leurs limites. Le gouverneur et son comité doivent partir, ils font preuve d’incompétence », a martelé Clovis Mutsuva.

En réaction à ce mouvement, les forces de l’ordre ont été déployées en masse dans plusieurs points sensibles de la ville afin de prévenir tout débordement. Le responsable provincial de la police, accompagné du maire de la ville de Beni, a supervisé ces opérations pour, selon eux, rétablir l’ordre public.

Selon des sources locales, plusieurs manifestants ont été arrêtés au cours de la journée, accusés de « trouble à l’ordre public » et d’« incitation à la désobéissance civile ».

Cette journée de paralysie témoigne du ras-le-bol de la population de Beni, qui continue d’exiger des actions concrètes pour le retour de la paix et la protection des civils.

Azarias Mokonzi

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