Ituri: 23 écoles fermées et 55 000 personnes privées de soins suite aux attaques des ADF
Alors que les attaques des Forces démocratiques alliées (ADF) se multiplient dans la province de l’Ituri, le bilan humain et social s’alourdit de jour en jour. Entre fermetures d’écoles et paralysie du système de santé, le territoire de Mambasa traverse une crise sans précédent, aggravée par un déficit de présence humanitaire.
Selon les partenaires du secteur de l’éducation cités par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), l’insécurité galopante a entraîné la fermeture d’au moins 23 écoles. Cette situation prive désormais plus de 5 400 enfants de leur droit fondamental à l’instruction, les jetant dans l’incertitude et la précarité.
Le secteur médical n’est pas épargné. Neuf structures de santé ont dû cesser leurs activités, laissant plus de 55 000 personnes sans accès aux soins de base. Les zones de santé de NiaNia et de Mambasa sont les plus durement touchées. Déjà fragiles et historiquement sous-couvertes par les acteurs humanitaires, ces localités se retrouvent aujourd’hui totalement isolées face à l’urgence sanitaire.
Cette spirale de violence n’est pas passée inaperçue au niveau national. Lors de la 85e réunion du Conseil des ministres, Ève Bazaiba Masudi, ministre d’État en charge des Affaires sociales et des Actions humanitaires, a dressé un tableau sombre de la situation. Depuis le 12 mars 2026, les populations civiles de Mambasa subissent des « actes de violences extrêmes » perpétrés par les rebelles des ADF.
Le sort des déplacés internes demeure la préoccupation majeure. Sans écoles pour les enfants, sans hôpitaux pour les malades et avec une aide humanitaire qui peine à atteindre ces zones reculées, le territoire de Mambasa risque de basculer dans une catastrophe humanitaire de plus grande ampleur si rien n’est fait pour sécuriser la région et rétablir les services essentiels.
Azarias Mokonzi