Mambasa : 17 écoles de Badengaido délocalisées à Nia-Nia pour sauver l’année scolaire face à la menace ADF
L’activisme des Forces démocratiques alliées (ADF) continue de briser des vies et de paralyser l’éducation dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri.
Pour répondre à l’urgence humanitaire et éducative, 17 écoles de la sous-division Mambasa 3 ont été officiellement autorisées, ce mardi 14 avril, à reprendre leurs activités dans la cité de Nia-Nia.
Des sources locales affirment que, les villages aux alentours de Badengaido sont désormais fantômes. Suite aux récentes incursions des ADF, affiliés à l’État islamique qui ont coûté la vie à près de 100 civils ces dernières semaines, des milliers de familles ont fui vers Nia-Nia et Bafwasende. Parmi elles, des centaines d’élèves en détresse, privés de leurs salles de classe habituelles.
Pour éviter une année blanche, Kimakima Amsini Samuel, le Sous-proved de Mambasa 3, a pris une décision radicale, d’où notamment la délocalisation des établissements sinistrés.
« Cette mesure a été prise en attendant la stabilisation de nos milieux. Les enseignants commencent à prester dès ce mercredi 15 avril 2026 dans les écoles d’accueil », a-t-il annoncé par communiqué.
La solidarité s’organise, mais non sans inquiétudes. Au total, sept établissements de Nia-Nia ont accepté de partager leurs infrastructures. L’Institut de Nia-Nia et l’E.P. Radjabu devront, par exemple, intégrer chacun trois nouvelles institutions dans leurs murs.
Si cette initiative est saluée comme une lueur d’espoir pour les élèves déplacés, la question de la surpopulation des salles de classe et du manque de matériel didactique reste entière. Les déplacés, déjà dépourvus de tout, craignent que les conditions d’apprentissage ne soient pas à la hauteur des enjeux.
Pendant que les cours tentent de reprendre à Nia-Nia, le silence règne dans les villages d’origine. Les attaques brutales de mars dernier ont laissé des plaies béantes et des localités vides de leurs habitants. Pour ces élèves, le chemin de l’école ne passe plus par la forêt, mais par les centres urbains de repli, dans l’attente d’une hypothétique sécurisation de leurs foyers.
Azarias Mokonzi