RDC : La société civile rejette fermement l’accueil de migrants expulsés des États-Unis
Dans un communiqué conjoint publié ce 7 avril 2026, plus d’une vingtaine d’organisations de la société civile congolaise ont exprimé leur rejet catégorique de la décision du gouvernement d’accueillir sur le sol national des ressortissants de pays tiers, expulsés dans le cadre des politiques migratoires américaines.
Portée par des mouvements citoyens tels que Filimbi, le Mouvement Mbanza Kongo et une vingtaine d’autres structures, cette levée de boucliers dénonce les contours d’un accord jugé opaque. Pour les signataires, le fait que cette décision ait été actée par un simple « communiqué ministériel », sans ratification parlementaire ni consultation préalable des forces vives de la nation, constitue une dérive grave.
Les organisations qualifient cette manoeuvre de violation flagrante de l’État de droit et parlent d’une véritable « capitulation souveraine ». Elles s’interrogent sur la légitimité d’un tel engagement pris en dehors des circuits législatifs classiques, notamment l’assemblée nationale et le sénat.
Au-delà de l’aspect juridique, l’argument humanitaire pèse lourd. La société civile rappelle un chiffre alarmant : la RDC compte déjà plus de sept millions de déplacés internes. Alors que l’État peine déjà à garantir protection et dignité à ses propres citoyens déplacés par les conflits, l’arrivée de migrants venus de pays tiers est perçue comme une charge insupportable et incohérente.
Face à cette situation, le collectif exige notamment la publication intégrale du texte de l’accord, le renvoi immédiat du dossier devant le Parlement pour débat, et l’annulation immédiate de tout transfert de personnes vers le territoire congolais.
Pour l’heure, le gouvernement n’a pas encore réagi officiellement à cette déclaration, mais la pression citoyenne pourrait bien forcer un débat national sur la gestion de la souveraineté migratoire en RDC.
Azarias Mokonzi