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Ituri : Le village de Bafwakoa transformé en « abattoir humain » par les ADF

Ituri : Le village de Bafwakoa transformé en « abattoir humain » par les ADF

Le territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri, a replongé dans le deuil et l’effroi. Dans la nuit du mercredi à ce jeudi, vers 20 heures, le village de Bafwakoa a été la cible d’une incursion barbare attribuée aux rebelles des Forces Démocratiques Alliées (ADF). Le bilan matériel et humain est lourd.

Situé à 148 kilomètres du centre de Mambasa sur l’axe routier vital RN4, en direction de Kisangani, Bafwakoa n’est plus que l’ombre de lui-même. Selon les premiers rapports, plus de 60 % du village a été réduit en cendres. Maisons, motos et véhicules ont été délibérément incendiés par les assaillants, laissant derrière eux un paysage de désolation.

Les témoignages qui parviennent de la zone sont glaçants. Les assaillants ont opéré avec une cruauté extrême, exécutant de nombreux civils à l’arme blanche et par balles. Sur place, la scène est décrite comme un véritable « abattoir humain ». Des corps gisent encore le long de la RN4, tandis que d’autres victimes seraient restées piégées sous les décombres fumants des habitations.

Cette nouvelle tragédie suscite la colère des forces vives locales. Maître Jospin Paluku Mbowa, président de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) en territoire de Mambasa, a exprimé son indignation face à ce qu’il qualifie de propagation incontrôlée des rebelles dans la région.

Il pointe du doigt le décalage entre les assurances sécuritaires officielles et le calvaire quotidien des habitants. « Nous dénonçons le contraste entre les discours évoquant un retour à la paix et la réalité sanglante vécue par nos populations », a-t-il martelé, appelant les habitants à une « prise de conscience » collective face à ces conditions de vie horribles.

Cette attaque relance l’épineuse question de la sécurisation de la Route Nationale n°4. Axe stratégique pour le commerce et la mobilité entre l’Ituri et la Tshopo, ce tronçon est devenu un couloir de terreur où les civils voyagent la peur au ventre.

« Aujourd’hui, le cri de détresse de Bafwakoa est le même que celui de tout le territoire de Mambasa. Une intervention urgente et efficace des forces de défense (FARDC) et des autorités politico-administratives est impérative pour stopper ces incursions répétées et restaurer une autorité de l’État qui protège réellement ses citoyens», a-t-il martelé.

Azarias Mokonzi

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