RDC: Joseph Kabila met en garde contre le changement de la constitution et l’implosion du pays
L’ancien président Joseph Kabila Kabange rompt sa réserve habituelle pour livrer un diagnostic sans concession sur l’état actuel de la République Démocratique du Congo. Entre inquiétudes sécuritaires et mises en garde institutionnelles, l’ex-chef de l’État dresse le portrait d’un pays au bord du gouffre.
Au cœur de sa critique se trouve le débat sur la révision constitutionnelle. Pour Joseph Kabila, la question même de réviser la loi fondamentale est un non-sens juridique sous le régime actuel. « Quelle Constitution ? Pour Kinshasa, elle n’existe pas. Elle est ignorée depuis 2019 », tranche-t-il.
Selon lui, le pouvoir ne cherche pas une simple mise à jour technique, mais bien l’adoption d’une nouvelle Constitution pour asseoir son autorité. Un projet qu’il qualifie de « tripatouillage extrêmement dangereux » pour la stabilité du pays.
Sur le front sécuritaire, alors que le terme de « balkanisation » hante les esprits depuis des décennies, Joseph Kabila introduit un concept plus alarmant : la soudanisation.
« Il y a des points communs entre ce que traverse notre pays et ce qui a amené l’implosion du Soudan », avertit-il. Par cette analogie, il pointe du doigt le risque d’un effondrement interne total, où des conflits fragmentés et des tensions politiques finiraient par disloquer l’unité nationale, à l’image du chaos soudanais.
Enfin, Joseph Kabila se positionne en témoin, et parfois en cible, des dérives qu’il attribue au régime de Kinshasa. Interrogé sur les menaces pesant sur sa propre personne, il préfère globaliser le péril : « Est-ce que j’étais ciblé personnellement ? Est-ce la population congolaise qui était visée comme elle l’est depuis des mois dans le Masisi, sur les Hauts Plateaux ou partout ailleurs ? » s’interroge-t-il.
Malgré les enquêtes en cours et la pression politique, l’ancien président assure garder le moral, se posant en observateur attentif d’une nation qu’il estime être délaissée par ses dirigeants actuels.
Azarias Mokonzi