RDC–États-Unis : Aimé Boji veut hisser la menace ADF au rang de priorité stratégique
Alors que les rebelles ADF multiplient les exactions dans le territoire de Mambasa, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, appelle le gouvernement congolais à porter la question devant ses partenaires stratégiques, notamment Washington. Pour le speaker de la chambre basse, la nature transnationale de ce groupe terroriste exige une réponse diplomatique et militaire de plus grande envergure.
Lors de son discours d’ouverture de la session parlementaire, Aimé Boji Sangara a dressé un constat sans appel : les Forces Démocratiques Alliées (ADF) ne sont plus seulement une menace locale, mais un défi sécuritaire international.
Face à cette résurgence de violence, M. Boji suggère une offensive diplomatique musclée. Selon lui, la problématique ADF doit être intégrée de manière prioritaire dans les discussions avec les garants des accords internationaux.
« Il est évident que par sa nature, ce mouvement terroriste requiert une approche globale, intégrée et multisectorielle », a-t-il déclaré. Il exhorte le gouvernement à intensifier ses échanges avec ses partenaires, particulièrement dans le cadre du partenariat stratégique RDC-USA et du suivi de l’Accord de paix RDC-Rwanda. Pour le président de l’Assemblée nationale, les États-Unis, en tant que puissance influente et partenaire privilégié, doivent jouer un rôle accru dans la neutralisation de cette nébuleuse.
Sur le terrain, l’urgence est palpable. Les ADF ont récemment déplacé le curseur de leur violence vers le territoire de Mambasa, en Ituri. Dans la nuit du 11 au 12 mars, une attaque d’envergure a visé les sites miniers de Muchacha et Mavuvu, exploités par l’entreprise chinoise Kimia Mining.
Le groupe État islamique (EI), auquel les ADF ont fait allégeance, a rapidement revendiqué l’assaut. Des images de propagande diffusées par l’organisation montrent des scènes de désolation : camions et tracteurs incendiés, campements de travailleurs réduits en cendres. Cette stratégie de ciblage des actifs économique, témoigne d’une volonté d’asphyxier financièrement la région tout en instaurant un climat de terreur.
Au-delà de l’aspect minier, c’est l’équilibre vital de la région qui est menacé. La zone de Muchacha est un verrou stratégique débouchant sur les localités de Badengaido et Niania, ainsi que sur la Réserve de faune à Okapi (RFO).
Ce secteur constitue le « couloir vert » reliant le Kivu à Kinshasa via Kisangani. Une déstabilisation durable de cet axe perturberait gravement le ravitaillement des grandes agglomérations en produits agricoles essentiels. En appelant à une « approche multisectorielle« , Aimé Boji rappelle que la lutte contre les ADF n’est pas qu’une affaire de kalachnikovs, mais une bataille pour la survie économique et la souveraineté du territoire congolais.
Azarias Mokonzi