Butembo et Lubero : 1 343 détenus vivent dans des conditions carcérales alarmantes, alerte le REDHO
Le Réseau pour les Droits de l’Homme, REDHO en sigle, se dit préoccupé par la situation actuelle des prisonniers à Butembo-Kakwangura et à Lubero. Dans un rapport publié le week-end dernier, cette ONGDH affirme avoir mené des visites d’inspection pour s’imprégner des conditions carcérales.
Pour le coordonnateur de cette ONG, la prison de Kakwangura est confrontée à un surpeuplement accru, à la malnutrition, à l’absence de subventions de l’État, mais aussi à la lenteur dans le traitement des dossiers judiciaires.
« Depuis janvier 2025 jusqu’à fin février 2026, l’État n’a libéré qu’une subvention d’un trimestre. Pour dire que, pour les 14 mois passés, seulement 3 mois ont été pris en charge, ce qui est extrêmement grave pour les conditions de vie des prisonniers. Et cela est à la base des maladies, des décès et même de la malnutrition. Pour la prison de Butembo, plus de 273 détenus souffrent de malnutrition. Et à la date du monitoring, le 25 février, 16 détenus étaient internés à l’hôpital de Kitatumba. L’absence des subventions de l’État est à la base de plusieurs souffrances des détenus et prisonniers », a dit maître Muhindo Wasivinywa, coordonnateur du Réseau des droits de l’homme.
Revenant sur le traitement des dossiers, maître Muhindo Wasivinywa parle de seulement 300 détenus qui sont condamnés. Il appelle la justice à accélérer le processus pour désengorger les lieux carcéraux.
« Nous avons constaté que beaucoup de détenus sont des prévenus. Seulement 300 sont condamnés sur 1343. Nous avons constaté la lenteur dans le traitement des dossiers. Nous demandons à l’État congolais, par le biais du ministère de la Justice, de se pencher sur cette question le plus tôt possible, puisqu’on ne peut pas enfermer des personnes sans pour autant les nourrir», fait-il savoir.
Nos efforts pour entrer en contact avec le directeur de la prison de Lubero n’ont pas abouti. Néanmoins, cette prison disposait d’une activité génératrice de revenus au moyen d’une moto-tricycle dotée par la Monusco, ainsi que d’un champ où les prisonniers cultivaient certains légumes. Malheureusement, ces activités ne sont plus opérationnelles.
David Mayani