RDC : « L’Union européenne laisse faire Kagame », accuse Thierry Mariani
Alors que l’Est de la République démocratique du Congo s’enfonce dans une crise humanitaire et sécuritaire sans précédent, l’eurodéputé Thierry Mariani tire la sonnette d’alarme.
Refusant de participer au dernier débat parlementaire sur la question, il dit fustiger l’inaction délibérée de la Commission européenne et pointe du doigt la responsabilité directe du Rwanda.
Pour Thierry Mariani, le constat est amer sur terrain. Selon lui, en un an, le Parlement européen a tenu quatre débats sur les violences en RDC sans qu’aucune mesure concrète n’en découle.
« En un an c’est le quatrième débat à ce moment sur les violences en République démocratique du Congo et en-dehors de ce débat rien n’est décidé, rien ne se passe pour aider ce pays. Cette fois je le dit très clairement, je refuse de participer à ce débat sur la RDC, pour une raison simple: toutes ces discussions n’ont servi à rien parce que l’Union Européenne joue clairement à un double jeu: dans l’hémicycle ok soutien Kinshasa, et dans les faits, on laisse faire tout ce qu’il veut à Monsieur Kagame», a-t-il déclaré dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux.
Face à ce qu’il qualifie de mise en scène stérile, l’élu européen a choisi de boycotter ces discussions qu’il juge contreproductives. Selon lui, ces débats n’offrent qu’un répit au régime de Kigali pendant que la situation sur le terrain devient catastrophique.
L’eurodéputé dénonce également ce qu’il pense être une ambiguïté diplomatique de l’Union européenne qu’il juge inacceptable. D’un côté, dit-il, les institutions affichent un soutien de façade à Kinshasa dans l’hémicycle ; de l’autre, elles laisseraient agir Paul Kagame en toute impunité.
A l’en croire, ce sentiment d’hypocrisie est renforcé par le souvenir de la résolution adoptée le 13 février 2025, où une large majorité de parlementaires demandait des sanctions fermes contre les hauts responsables rwandais.
« Ces discussions sont contreproductives parce qu’elles offrent un répit au Rwanda de Kagame car en RDC c’est la situation catastrophique. Tout a été dit, le massacre, le pillage, le coupable aussi tout le monde le connait c’est le Rwanda et son dirigent sanguinaire Paul Kagame. D’ailleurs le parlement Européen a adopté il y a un quasiment jour pour jour le 13 février, un texte sur les violences dans l’est de la République Démocratique du Congo où figurait une demande très claire de la quasie majorité des parlementaires en demandant aux institutions de l’Union Européenne de sanctionner les hauts responsables du Rwanda », fait-il entendre.
L’inaction de la Commission européenne est au cœur de la colère de Mariani. Il estime que les rares mesures prises, qui ont ciblé uniquement quelques chefs de guerre locaux, ne sont que de la « poudre aux yeux » pour masquer une absence de volonté politique. Qualifiant ces derniers de simples « lampistes », il accuse l’Europe d’utiliser ces sanctions mineures comme alibi pour épargner le sommet de l’État rwandais, malgré les preuves d’implication dans les pillages et les massacres.
« Évidemment la commission n’a rien fait et pour maquiller son inaction, et comme un affront de plus aux congolais, l’Europe n’a signé que quelques chefs de guerre locaux répondant aux ordres de Kigali, bref des lampistes.
Il n’est qu’un alibi pour continuer à ne pas sanctionner le Rwanda, coupable des massacres et des pillages et son dictateur sanguinaire, Kagame. L’UE ne fait toujours rien. Cette complaisance vis à vis à vis du Rwanda devient suspecte», dit-il.
Thierry Mariani dit s’interroger sur les motivations réelles de Bruxelles. Cette persistance à ne pas sanctionner le régime de Kigali, malgré les appels répétés des députés et l’urgence humanitaire, rend la position de l’UE, selon ses mots, « suspecte ». Pour l’eurodéputé, le temps des discours est révolu. Il dit penser que sans une pression réelle sur le Rwanda, l’Europe se rend complice du drame congolais.
Azarias Mokonzi