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Nord-Kivu : La Lucha accuse l’état de siège d’asphyxier l’espace civique

Nord-Kivu : La Lucha accuse l’état de siège d’asphyxier l’espace civique

L’état de siège, en vigueur au Nord-Kivu et en Ituri depuis mai 2021, est largement critiqué par le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha). Dans un communiqué rendu public ce mercredi 11 février 2026, cette structure citoyenne accuse les autorités de l’état de siège de briller dans la répression des manifestations et des marches pacifiques.

Ce mouvement citoyen pro-démocratie ne décolère pas face à cette situation. Revenant sur le vécu des militants actuellement au Nord-Kivu, la Lucha rappelle la répression qu’elle qualifie de violente, qui a étouffé la manifestation du 04 février 2026 alors qu’elle visait la remise d’un mémorandum à l’autorité provinciale à Beni.
« Notre mouvement, qui avait tenté de remettre pacifiquement un mémorandum au gouverneur le 04 février 2026, a été confronté à une répression violente. Cette manifestation s’est soldée par des arrestations arbitraires, des actes de torture et l’incarcération de six de nos militants à l’état-major de Beni, sur ordre du maire de la ville. Nous condamnons avec la dernière énergie ces graves violations du droit à la liberté d’expression« , lit-on dans son document.

D’autres lourdes accusations pèsent sur les autorités du régime spécial de l’état de siège, notamment les menaces auxquelles font face, selon la LUCHA, les défenseurs des droits humains, tant dans les zones sous contrôle de Kinshasa que dans celles occupées par la rébellion du M23-AFC. Pour la Lucha, « la brutalité des groupes armés et le silence présumé des autorités compétentes » accentuent davantage le calvaire des défenseurs des droits humains sur l’ensemble de la province.

Ainsi, le mouvement citoyen Lucha demande aux autorités provinciales, du Nord-Kivu et de l’Ituri, de « garantir, sans conditions, la liberté d’expression et de manifestation pacifique; mettre en place un mécanisme provincial de protection des défenseurs des droits humains, journalistes et acteurs de la société civile; assurer une gestion transparente des projets de développement avec une participation active des communautés« .

Notons que depuis l’avènement de l’état de siège, plusieurs marches pacifiques, visant à rappeler aux autorités leurs responsabilités, particulièrement dans la gestion de la situation sécuritaire, se sont terminées par l’arrestation de manifestants, et parfois même des cas de tueries et de blessures par balles. Les éléments de l’ordre, souvent envoyés sur le terrain pour disperser les manifestants, s’illustrent par des tirs à balles réelles. Pas plus tard que le 15 octobre 2025, un militant de la Véranda Mutsanga en Révolution a été tué dans une manifestation à Beni, chef-lieu provisoire de la province du Nord-Kivu.

David Mayani

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