Beni ensanglanté : Oïcha replonge dans l’horreur d’une violence aveugle
Le territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, s’enfonce de nouveau dans un cycle de violence aveugle. Dans la nuit du jeudi au vendredi 6 février 2026, la commune rurale d’Oïcha a été la cible d’une incursion sanglante des terroristes des Allied Democratic Forces (ADF), laissant derrière eux un bilan humain et matériel lourd.
C’est le quartier Mabasele qui a été le théâtre de cette incursion nocturne. Selon les premières sources locales, deux personnes ont été froidement abattues, tandis que plusieurs maisons et motos ont été réduites en cendres.
Le bourgmestre adjoint de la commune d’Oïcha, Jean-de-Dieu Kibwana, a dressé un bilan désolant : des maisons de commerce ont été systématiquement pillées et plusieurs civils emmenés vers une destination inconnue. Toutefois, l’autorité locale souligne que l’intervention de l’armée et la vigilance citoyenne ont permis d’éviter un massacre de plus grande ampleur.
« Les FARDC ont le contrôle de la situation. Grâce à l’intervention de l’armée et à la vigilance de notre population, les dégâts ont été limités. On aurait pu assister au pire », a-t-il déclaré pour rassurer une opinion publique traumatisée.
Malgré les assurances officielles, le sentiment d’abandon domine au sein de la population. La société civile locale ne décolère pas et pointe du doigt une certaine passivité des services de sécurité. Pour les acteurs citoyens, l’embuscade de Mamove aurait dû servir de « cloche d’alerte ».
« Les dernières attaques constituaient un avertissement, mais malheureusement, des mesures dissuasives n’ont pas été prises. Le système défensif a montré ses limites », s’indigne un représentant de la structure citoyenne. Le message est clair : la population exige l’abandon de la posture d’attente pour passer à des actions offensives contrôlées afin de traquer l’ennemi dans ses derniers retranchements forestiers.
Devant cette recrudescence de l’insécurité, les structures citoyennes exhortent les autorités militaires à renforcer les patrouilles de combat, particulièrement dans les zones forestières denses qui servent de repli aux terroristes.
En attendant une réponse sécuritaire plus musclée, un appel à une vigilance accrue a été lancé aux habitants. Il est vivement conseillé de limiter les déplacements non essentiels sur les axes routiers jugés « hautement dangereux », alors que le territoire de Beni semble, une fois de plus, abandonné à ses vieux démons. C’est après avoir ensanglanté le tronçon routier Oïcha-Mamove, où 10 civils ont perdu la vie lors d’une double attaque, que ces assaillants ont dirigé leur fureur contre le chef-lieu du territoire.
Azarias Mokonzi