RDC : 16 janvier 2026, la mémoire de Mzee Kabila convoquée face à la guerre du M23
La République démocratique du Congo commémore, ce 16 janvier 2026, les vingt-cinq ans de l’assassinat de Mzee Laurent-Désiré Kabila, ancien président de la République, tué en 2001 au Palais de Marbre à Kinshasa. Cette journée de recueillement national intervient dans un contexte particulièrement critique, marqué par la guerre menée par la rébellion du M23, qualifiée de guerre d’agression par les autorités congolaises, et par la perte de contrôle des villes stratégiques de Goma et Bukavu, chefs-lieux respectifs du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Dans ce climat de crise sécuritaire et de fortes tensions régionales, la mémoire de Mzee Laurent-Désiré Kabila est largement convoquée par des acteurs de la société civile comme un repère politique, moral et symbolique. Défenseur des droits humains, Josué Wallay estime que cette commémoration dépasse le simple devoir de mémoire.
Pour lui, la meilleure façon de célébrer la mémoire du Mzee, c’est prendre son héritage patriotique comme boussole face à la guerre du M23.
« Face à la guerre du M23 et aux velléités de déstabilisation de notre pays, la mémoire de Mzee Laurent-Désiré Kabila ne relève pas simplement de la nostalgie, mais d’une boussole stratégique », affirme-t-il.
A l’en croire, l’héritage de Mzee Kabila se résume avant tout à une conception ferme et non négociable de la souveraineté nationale.
« Mzee nous a légué l’idée que la souveraineté de la RDC n’est pas négociable. Son refus de céder aux pressions extérieures pour brader nos ressources ou notre territoire est plus que jamais d’actualité », insiste-t-il, avant d’ajouter que « retenir sa mémoire aujourd’hui, c’est refuser toute forme de balkanisation mentale ou territoriale ».
Selon lui, Laurent-Désiré Kabila avait su insuffler un sentiment de responsabilité collective face aux menaces qui pèsent sur la nation, et Mzee Laurent Désiré Kabila avait déjà tout compris.
« Mzee avait cette capacité de transformer chaque citoyen en soldat de la patrie. Dans le contexte actuel, sa mémoire nous appelle à une unité nationale sacrée, au-delà des clivages politiques, pour faire bloc contre l’agresseur », conclut-il, sans oublier de rappeler que « ne jamais trahir le Congo n’est pas qu’un slogan, c’est un testament de résistance ».
A Goma, dans la commune de Karisimbi, Christian Kalamo, président de la société civile locale, partage une lecture similaire et propose une analyse plus nuancée de l’héritage de Mzee Kabila. Il souligne que, dans le contexte actuel, sa mémoire reste profondément ancrée dans l’imaginaire collectif congolais.
« Au regard de la situation actuelle en RDC, marquée notamment par la guerre du M23 et la persistance de l’ingérence étrangère, la mémoire de Mzee Laurent-Désiré Kabila reste pour beaucoup de Congolais chargée de symboles forts et de leçons toujours actuelles », observe-t-il.
Mais également, Christian Kalamo rappelle que l’ancien président demeure associé à un discours sans concession sur la souveraineté nationale. Il admet que les mots forts de Mzee Kabila raisonne encore dans l’esprit des congolais comme lui.
« Son célèbre mot d’ordre “Le Congo n’est pas à vendre” résonne encore aujourd’hui alors que l’Est du pays reste confronté à des rébellions soutenues de l’extérieur », souligne-t-il, et évoque la posture de fermeté adoptée par Mzee face aux ingérences étrangères.
Selon lui, Laurent-Désiré Kabila était un patriote courageux. Il prenait le temps et le courage de rompre avec certains de ses alliés militaires lorsque, selon lui, les intérêts du Congo étaient menacés.
« Cette posture alimente aujourd’hui la réflexion sur la capacité de l’État congolais à défendre ses choix stratégiques sans dépendance excessive dans un contexte où les conflits armés sont étroitement liés à des intérêts régionaux et économiques », analyse-t-il.
Mais selon lui, tout n’a pas été rose sous Mzee. Il estime que malgré les limites du régime de Mzee Kabila, sa figure continue d’inspirer en période de crise.
« Même si son régime a connu des limites et des contradictions, son langage direct et son rejet du paternalisme international continuent d’inspirer une partie de la population surtout dans les moments de crise comme aujourd’hui », affirme-t-il.
En cette journée de commémoration, la figure de Mzee Laurent-Désiré Kabila apparaît ainsi, pour une partie de l’opinion congolaise, comme un repère moral et politique, convoqué face aux défis sécuritaires majeurs qui menacent l’intégrité territoriale et la stabilité de la RDC.
Franck Kaky