Bapere : Le Chef de secteur interdit aux civils de porter plainte auprès des Wazalendo
A Manguredjipa, chef-lieu du secteur des Bapere en territoire de Lubero, l’autorité locale hausse le ton. Macaire Sivikunulwa Mwendivwa appelle ses administrés à ne plus solliciter les combattants Wazalendo pour le règlement de litiges, rappelant que ces derniers n’ont aucune compétence judiciaire.
Pour l’autorité locale, les missions de ces combattants sont strictement militaires et tournées vers la lutte contre les rebelles ADF. « Nous leur avons déjà intimé l’ordre : si quelqu’un se présente pour l’arbitrage d’un conflit, il doit être orienté vers les services compétents comme la Police, l’ANR ou l’Auditorat militaire », a-t-il déclaré.
Le Chef de secteur insiste sur le fait que les Wazalendo ne doivent en aucun cas se substituer aux Officiers de Police Judiciaire (OPJ). En cette période de fêtes de fin d’année, il appelle à une vigilance accrue et à une collaboration étroite avec les forces de sécurité officielles.
Tensions nocturnes et rappels à l’ordre
Cet appel intervient dans un climat de tension. La nuit du dimanche au lundi 22 décembre, des tirs ont semé la panique à Manguredjipa. L’incident est né d’une altercation entre un Muzalendo, qui tentait d’interpeller sans motif valable des civils revenant d’un match de football, et un militaire des FARDC exigeant leur libération.
Bien qu’aucun dégât n’ait été déploré, l’incident souligne les risques de dérapages.
Macaire Sivikunulwa a également apporté des précisions sur le fonctionnement des points de contrôle, notamment à Mambembe et Mangazi. « Ces contrôles visent à détecter tout objet suspect ou infiltration ennemie. Ils doivent se faire sans aucune tracasserie et sans exigence de paiement », a-t-il martelé.
La méfiance envers les tribunaux improvisés des Wazalendo est renforcée par de récents drames dans la région. Le 14 décembre dernier, à Kanyatsi dans le territoire de Beni, un homme nommé Kakule Thahuhana a perdu la vie après avoir été torturé dans un camp de Wazalendo pour une simple dette. Son corps avait été jeté dans une latrine. Le commandant de ce groupe a, depuis, été déféré devant la justice pour répondre de ces actes.
Face à ces dérives, les autorités des Bapere rappellent que la sécurité et la justice sont des prérogatives régaliennes. « Faites confiance aux services et contribuez à la sécurisation du milieu », a conclu le Chef de secteur.
Azarias Mokonzi