RDC : Moïse Katumbi prône le dialogue politique face à l’enlisement sécuritaire dans l’Est
A l’occasion du sixième anniversaire de son parti, Ensemble pour la République, l’opposant Moïse Katumbi a dressé un bilan sombre de la situation en République démocratique du Congo. Il y dénonce une dérive autoritaire du pouvoir en place ainsi que l’enlisement du conflit sécuritaire dans l’Est du pays.
Dans sa déclaration, Moïse Katumbi a vivement critiqué la gouvernance actuelle. « Tandis que le pays s’enfonce et que la guerre fait rage, le régime se perd chaque jour davantage dans une dérive autoritaire qui bafoue les principes de notre Constitution et de nos engagements internationaux », a-t-il affirmé.
Il a également souligné que les violations des droits et libertés fondamentaux sont désormais « massives, systématiques et documentées ».
Face à ce qu’il qualifie d’« impasse totale », le leader de l’opposition a réitéré sa conviction selon laquelle la solution ne peut être « ni uniquement militaire, ni exclusivement diplomatique ». Selon lui, l’issue est avant tout politique.
« La situation est bloquée. À l’Est, la guerre s’enlise. Partout, la souffrance du peuple s’aggrave. La vraie solution n’est ni militaire ni exclusivement diplomatique. Elle est politique », a-t-il déclaré.
Moïse Katumbi insiste sur l’urgence d’un dialogue intercongolais inclusif, sincère et courageux, capable de traiter les causes profondes de la crise. « Elle passe par un dialogue intercongolais inclusif, sincère et courageux, traitant des causes profondes de la crise », dit-il.
Pour faciliter ce processus, il préconise une médiation conjointe des autorités religieuses, notamment la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC).
Cette position s’inscrit dans la continuité de ses précédentes prises de parole en faveur de la paix. « La paix véritable ne se construit ni par les armes ni par la violence, mais par le dialogue, la justice et la bonne gouvernance », a-t-il rappelé.
Bien qu’il ait salué l’accord de paix RDC-Rwanda de juin 2025 comme une lueur d’espoir pour l’Est du pays, il souligne qu’il n’existe désormais plus d’excuses pour ignorer les besoins vitaux de la population.
Cet appel au dialogue, partagé par d’autres figures de l’opposition telles que Martin Fayulu et l’ancien président Joseph Kabila, vise à forger un consensus national. Pour ces leaders, les accords internationaux, comme celui de Washington, restent partiels et insuffisants pour garantir une stabilité durable en RDC.
Azarias Mokonzi