Lubero : Fronde populaire contre le déploiement de la MONUSCO sur l’axe Manguredjipa
La population de l’axe Manguredjipa, dans le territoire de Lubero (Nord-Kivu), oppose un refus catégorique au déploiement de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RD Congo (MONUSCO) dans sa région. Ce jeudi 18 décembre 2025, nous nous sommes rendus à Njiapanda, Byambwe et Manguredjipa pour recueillir le sentiment des habitants et des leaders d’opinion locaux.
Cette levée de boucliers fait suite aux annonces de la réunion du 11 décembre dernier à Beni, chef-lieu administratif du Nord-Kivu. Lors de ces échanges, les autorités avaient plaidé pour une intervention des Casques bleus dans le secteur des Bapere ainsi que dans les groupements Mwenye et Manzia, en chefferie des Baswagha. L’objectif affiché était de soutenir la coalition FARDC-UPDF face à l’expansion de la menace ADF dans ces zones.
Pourtant, sur le terrain, le rejet est unanime. Les rescapés des massacres perpétrés depuis 2024 voient d’un très mauvais œil l’arrivée de la force onusienne. Pour les personnes interrogées, le bilan de la Mission dans le territoire de Beni depuis 2014 est un échec cinglant. Nombreux sont ceux qui qualifient désormais la présence de la MONUSCO de « nouvelle forme d’insécurité ».
« Nous nous opposons catégoriquement au déploiement des éléments de la MONUSCO ici chez nous. Depuis 2014, la MONUSCO n’a jamais été capable d’éradiquer ces terroristes ; ce n’est pas en quelques jours que nous obtiendrons la paix. En tout cas, c’est un refus catégorique », ont déclaré plusieurs habitants.
Pour ces derniers, la solution ne viendra pas de l’ONU. Ils affirment que la force conjointe FARDC-UPDF, appuyée par les « vrais Wazalendo » est amplement capable de restaurer la paix.
Ils conditionnent toutefois ce succès à une volonté politique et militaire ferme du gouvernement central et de l’état-major général.
« Il n’y a pas de volonté politique pour mettre fin à ce conflit. Nous avons les militaires FARDC-UPDF et nos Wazalendo ; nous croyons que ce sont les seuls qui nous aideront réellement à mettre un terme à ces violences », martèlent-ils.
Pendant ce temps, la Société Civile du Congo appelle la MONUSCO à surseoir à sa décision de déployer ses troupes dans cette région. Elle recommande l’ouverture d’un dialogue préalable avec toutes les couches sociales locales afin d’éviter tout rejet populaire ou incident majeur. « La paix durable passe par le respect de la volonté des populations locales », a déclaré Amani Kasiki Etienne, coordonnateur provincial de cette structure.
C’est suite au regain d’insécurité que la MONUSCO avait souhaité projeter ses troupes dans cette partie de Lubero, afin de protéger les civils contre les attaques des terroristes des ADF.
Azarias Mokonzi