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Nord-Kivu : Entre espoirs et réserves, la société civile réagit à l’accord RDC-Rwanda

Nord-Kivu : Entre espoirs et réserves, la société civile réagit à l’accord RDC-Rwanda

Plusieurs organisations de la société civile engagées dans la défense des droits humains au Nord-Kivu ont accueilli favorablement la signature de l’accord de paix dit de Washington entre les présidents de la RDC et du Rwanda. Elles estiment toutefois que cette avancée diplomatique doit s’accompagner de garanties fermes pour assurer la fin des violences dans l’Est du pays.

« Les organisations de la Société Civile militant pour les droits de l’homme en Province du Nord-Kivu saluent la signature de l’accord de paix dit de Washington », indiquent-elles dans un communiqué publié ce jeudi. Elles ajoutent que cet accord intervient à un moment où « l’histoire de la crise en RDC et les événements sur le terrain démontrent que le Gouvernement Rwandais et ses animateurs sont très loin de lâcher prise ».

Dans leur déclaration, les organisations rappellent que l’accord signé à Washington succède à plusieurs engagements passés entre les deux États, notamment l’Accord-cadre d’Addis-Abeba de 2013. Elles estiment que ces initiatives n’ont pas porté leurs fruits « à cause du manque de sincérité du Rwanda prouvé par son caractère récidiviste ».

Elles soulignent également que le président Paul Kagame s’était déjà illustré par son absence lors de la tentative de signature d’un accord similaire à Luanda en décembre 2024. Selon le communiqué, le Rwanda aurait par ailleurs multiplié les stratégies « pour se disculper de ses responsabilités dans la crise en RDC ».

A quelques heures seulement de la signature de l’accord, le Rwanda aurait renforcé ses positions militaires en RDC, poursuivent les organisations. Elles dénoncent des attaques meurtrières ayant entraîné « la mort d’environ 50 civils dans les champs de Kahumiro près de la Cité de Kibirizi », ainsi que des offensives à Mayengo, Kinyamugezi, Ndata, Kivuye, Mpati et Luhanga.

Ces violences rappellent, selon elles, l’importance d’obtenir des garanties tangibles avant d’espérer un apaisement durable.

Les organisations de la société civile rejettent la pression exercée par certains acteurs qui réclament un dialogue politique urgent. « L’expérience a démontré que le dialogue a servi de béquille pour enfoncer la RDC dans une crise structurelle », affirment-elles.

Pour elles, la priorité reste la reconquête des zones sous contrôle du M23-AFC et de l’armée rwandaise, la restauration de l’autorité de l’État, le retour des déplacés et la mise en place de projets de relèvement pour les populations affectées.

Les organisations demandent aux États-Unis, à l’Union européenne, à l’Union africaine, à la CIRGL, à l’EAC et à la SADC de « pousser les autorités rwandaises à respecter scrupuleusement leurs engagements contenus dans l’accord ». Elles insistent que « le peuple congolais attend impatiemment l’amélioration de la situation sécuritaire sur terrain à l’issue de cet accord».

Elles appellent également le président Félix-Antoine Tshisekedi à rester prudent et à ne pas oublier la priorité de reconquérir toutes les entités sous occupation du Rwanda, tout en améliorant la gouvernance interne.

La rédaction

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