Manifestation à Beni : Des familles de militaires réprimées alors qu’elles réclamaient l’assistance de l’État
Alors qu’ils manifestaient pour dénoncer ce qu’elles qualifie comme leur abandon par l’État congolais, les femmes et les enfants de militaires tombés sur différents fronts contre les rebelles du M23 ont été dispersés ce jeudi 27 novembre 2025 dans la ville de Beni, au Nord-Kivu.
Les manifestants ont été stoppés nets par la police alors qu’ils se dirigeaient vers le gouvernorat pour le dépôt et la lecture de leur mémorandum. Étouffés par des bombes à gaz lacrymogènes larguées par les éléments de la Police nationale congolaise (PNC), ces dépendants de militaires ont dénoncé une attitude non professionnelle face à leur action légitime.
Ils condamnent cette répression et rappellent qu’ils n’ont enfreint aucune loi de la République.
« Nous n’avons pas troublé l’ordre public, mais nous ne comprenons pas pourquoi nous avons été dispersés de cette manière par la police. Ils n’ont pas eu pitié, même des enfants. Est-ce une infraction d’exiger son droit ? », s’est interrogée une manifestante.
Les veuves et orphelins de militaires dénoncent un délaissement délibéré de la part du gouvernement congolais. Abandonnées à leur triste sort,selon elles, ces familles vivent dans le dénuement le plus total, exposées aux intempéries, sans assistance, et réduites à la mendicité. Mères et enfants sillonnent les rues pour demander de l’aide.
« Nous nous sentons abandonnés. Privées des salaires de nos maris qui sont morts en train de défendre la République, le gouvernement garde le silence et nous abandonne comme des animaux qui doivent chasser pour se nourrir », déplore une autre femme, qui révèle qu’à la suite de cette situation, plusieurs enfants de militaires sont privés d’éducation.
« Nos enfants ne vont plus à l’école, car nous n’avons pas les moyens pour cela. Où est l’humanisme, et pourquoi devrions-nous mourir pour le Congo ? », s’est-elle exclamée.
Le porte-parole de la police a confirmé cette répression, motivant l’intervention des forces de l’ordre par le souci de rétablir l’ordre public, qui risquait d’être perturbé.
« Nous les avons dispersés parce qu’ils cherchaient à troubler l’ordre public. Ces enfants sont manipulés par ceux qui se servent d’eux. Les meneurs ont été interpellés », a déclaré Nasson Murara.
Cependant, ce que dénoncent ces femmes et ces enfants mérite l’attention des autorités. Les dépendants de militaires vivent un véritable calvaire à Beni. Certains passent la nuit à la belle étoile, exposés à tous les risques. Pour survivre, certaines jeunes filles sont même exposées à l’esclavage sexuel ou à la prostitution.
Azarias Mokonzi