Nord-Kivu : Paralysie totale à l’hôpital de Lubero, les infirmiers exigent le départ de deux responsables
Déclenchement d’un mouvement de grève à l’hôpital général de référence de Lubero depuis la matinée de ce samedi 22 novembre 2025. Les infirmiers et autres agents de cette structure sanitaire conditionnent leur retour au service par le départ du médecin directeur et de l’administrateur gestionnaire. Les grévistes reprochent à ces deux hauts responsables de refuser de rejoindre leurs nouvelles structures d’affectation, des détournements des ressources tant financières que matérielles, mais aussi de mauvais traitements des agents. Ils avaient annoncé le début de la grève il y a trois jours dans une correspondance adressée au gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu.
De la société civile de la commune de Lubero au conseil territorial de la jeunesse, les alertes sont remontées et des inquiétudes sur les conséquences graves qui peuvent ressortir de ce mouvement de grève sont mises en avant-plan pour pousser l’autorité compétente à répondre le plus rapidement possible. Ces deux structures indiquent que ce dossier de l’hôpital général de référence de Lubero ne date pas d’aujourd’hui, et l’autorité provinciale avait annoncé l’avoir résolu lors de son dernier passage à Lubero-centre il y a quelques mois.
« D’aucuns n’ignorent la souffrance que traversent les populations de Lubero ces deux dernières années. Lubero est la ligne de front. Il y a de nombreux déplacés et les gens tombent malades chaque jour. Sans oublier les blessés de guerre qui doivent être soignés régulièrement. Au niveau de la société civile, nous avions déjà saisi l’autorité provinciale par une lettre. Nous lui avions demandé de prendre une décision pour départager les deux parties. Et lors de son dernier passage à Lubero-centre, le gouverneur de province avait dit qu’il était saisi de ce dossier et qu’il était déjà résolu. C’est regrettable et énervant d’apprendre le retour de ce problème », a dit Jackson Mumbere Vahalwire, président de la société civile noyau communal de Lubero. Et d’ajouter que si, par malheur, l’hôpital enregistre un seul cas de décès pendant la période de grève, « l’autorité provinciale sera prise pour responsable à cause du retard dans l’application de sa décision. Et si son silence continue, nous allons appeler la population dans les prochaines heures à descendre dans la rue ».
Le conseil territorial de la jeunesse appelle les grévistes à la conscience professionnelle et à honorer leur serment, qui a son fondement dans la priorité de sauver les vies humaines.
« Nous appelons les infirmiers à aller sauver la vie des personnes. Il y a des gens qui sont dans les soins intensifs, il y a des femmes enceintes qui doivent accoucher, il y en a d’autres qui attendent les médicaments », a déclaré Philémon Kyavughawakera, président du conseil territorial de la jeunesse de Lubero.
Pour rappel, ce n’est pas la première fois d’assister à une telle situation à l’hôpital général de référence de Lubero. Plusieurs fois, l’autorité territoriale est déjà descendue sur les lieux pour ordonner la reprise des activités lors des contestations liées aux mêmes réclamations par les mêmes infirmiers et agents de la place.
David Mayani