RDC : Guillaume Ngefa veut « rendre justice à la Justice », ( Me. Prince Lukeka)
A peine investi, le ministre de la Justice en République Démocratique du Congo, Guillaume Ngefa, a choisi de frapper fort. Son combat et ses canons semblent tourner vers et contre les pratiques de corruption et aux réseaux souterrains qui gangrènent l’appareil judiciaire. Pour plusieurs analystes, son mot d’ordre est clair. Celui de « rendre justice à la Justice ».
Dans une tribune signée par Maître Prince Lukeka, avocat congolais, et publiée le 1er octobre, l’action du ministre est décrite comme un tournant majeur. « La décision de suspendre, durant cinq semaines, la délivrance de certains actes administratifs n’est pas une mesure de confort bureaucratique. Elle est un acte de rupture. Elle proclame que l’État ne tolérera plus que ses services soient livrés au trafic comme de simples objets de commerce », écrit-il.
Cette décision a immédiatement suscité de vives réactions. Le 29 septembre, des pneus ont été incendiés et l’électricité coupée dans l’enceinte même du ministère de la Justice. Mais Guillaume Ngefa assume la fermeté de sa démarche .« Ce vacarme n’a pas abusé les esprits. Derrière la fumée des barricades s’est révélée la peur de ceux qui, privés de leurs pratiques illicites, cherchaient à pérenniser le règne du désordre », rapporte la tribune.
Juriste aguerri, fondateur de l’ASADHO et expert reconnu aux Nations unies, Ngefa est présenté comme un homme déterminé à engager des réformes profondes. « Pour lui, la lutte contre la corruption ne se réduit pas à une rhétorique de circonstance ni à une posture de valorisation politique. Elle est un combat de conviction, une bataille de conscience », souligne Maître Prince Lukeka.
Parmi les chantiers annoncés figurent la modernisation des prisons, la numérisation des services administratifs, mais aussi la mise en place d’une nouvelle cartographie judiciaire afin de « briser le désert où tant de nos concitoyens demeurent sans juge ».
Pour l’avocat congolais, le choix de Guillaume Ngefa s’inscrit dans une dynamique de purification de l’appareil judiciaire. « Lorsqu’elle se ternit, la Nation chancelle. Lorsqu’elle se purifie, c’est l’édifice tout entier qui se redresse », rappelle-t-il, et ajoute que le ministre « offre l’espérance que les actes de demain auront la clarté de la vérité et la dignité de la justice ».
Reste à savoir si la détermination du ministre résistera aux pressions d’intérêts puissants. Mais pour Maître Lukeka, une chose est sûre. « Guillaume Ngefa a choisi la purification. Ce choix bouscule les profiteurs, mais il honore le peuple», selon lui.
La rédaction