Tazama RDC

Masisi : Le bilan de l’éboulement de la mine II.D Mataba s’alourdit, des enfants parmi les victimes

Masisi : Le bilan de l’éboulement de la mine II.D Mataba s’alourdit, des enfants parmi les victimes

Le bilan de l’éboulement de la mine de coltan, la cassitérite et tourmaline de II.D Mataba, en territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu, le 19 juin passé, s’est alourdi, précisent des sources à TazamaRDC.

De manière inattendue, la mine II.D mataba du groupement de Karuba, dans la localité de Humule, s’est effondrée aux alentours de 9h, alors que les creuseurs artisanaux et plusieurs autres commerçants, des manutentionnaires, étaient déjà dans celle-ci. 64 corps sans vie y ont été tirés lors des opérations de secours qui ont duré trois journées seulement, avant d’être suspendues par les responsables locaux, révèle un des creuseurs qui s’est confié à la rédaction de tazamardc.net.
« La fouille a été organisée seulement dans la journée de jeudi, celles de vendredi et samedi avant d’être stoppée. Des commerçants qui vont dans la mine pour y faire des petits commerces, des mamans qui tracent des gradins, celles qui puisent de l’eau, tout comme des enfants qui font les travaux journaliers, ont tous péri dans cette mine », explique-t-il.

Ce creuseur qui a accepté d’expliquer le drame affirme que le bilan est davantage lourd et peut même atteindre jusqu’à 400 personnes.

« Pendant la fouille, plusieurs corps sont abandonnés expressément dans la boue. Les corps, par exemple, des enfants retrouvés lors de la fouille ne peuvent pas être repêchés, car craignant des sanctions des responsables des artisanaux pour utilisation des enfants dans les mines. Aussi, les mamans, et même les personnes sans famille connue ou adresse dans les villages aux alentours, restent embourbées dans les éboulements, car pour eux, si tous ces corps sont repêchés, cela équivaut aux dépenses à supporter par les responsables », révèle un autre creuseur qui a participé à la fouille.

Parmi les corps des creuseurs sans vie repêchés dans cette mine, certains ont été acheminés dans les villages de Kaghusa, Kinigi, Ngungu, Rubaya, Humule, Gahumba, Nyambisi, Kanyaru, Runigi où ces creseurs artisanaux sont originaires. Plus de 10 jours après, aucune communication officielle n’a été rendue publique par les responsables du mouvement armé de l’AFC-M23, qui contrôle cette zone où le drame s’est produit.

Cette mine II.D Mataba de humule, qui a enseveli les creuseurs artisanaux lors de son éboulement, se trouve dans le territoire de Masisi sous contrôle du mouvement rebelle AFC-M23. Au 35ᵉ Conseil des ministres du gouvernement congolais, ce dernier avait pris la résolution de classer en « sites miniers rouges » tous les sites miniers sous contrôle des rebelles M23 et de leurs alliés, dans le but, selon Kinshasa, de lutter contre l’exportation illégale des minerais du Sud-Kivu et du Nord-Kivu via le Rwanda, pointé du doigt pour son soutien aux rebelles M23. Le ministre des Mines, Kizito Pakabomba, soutenu par le gouvernement central, exigeait la suspension de la certification de la Conférence internationale de la région des Grands Lacs (CIRGL) pour toutes les exportations rwandaises.

Anicet Kimonyo

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