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RDC : Mafia dans les FARDC, l’État sommé d’agir sans délai

RDC : Mafia dans les FARDC, l’État sommé d’agir sans délai

Dans un climat d’instabilité sécuritaire persistante, la société civile de l’Ituri appelle à des sanctions exemplaires contre les auteurs présumés d’un réseau mafieux infiltré au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Cette demande intervient à la suite du cri d’alarme lancé par le gouverneur militaire de l’Ituri, dénonçant la mauvaise prise en charge des troupes engagées sur les lignes de front dans l’Est du pays.

Selon Malikidogo, acteur de la société civile, les révélations du gouverneur ne font que confirmer des accusations récurrentes portées depuis longtemps par les acteurs locaux. « La révélation du gouverneur militaire sur l’existence d’une mafia au sein de l’armée est la suite logique des dénonciations que nous formulons depuis belle lurette », affirme-t-il. Il déplore que ces pratiques aient conduit à l’abandon de nombreux soldats et de leurs familles, sacrifiés sur le champ de bataille en raison d’un système défaillant.

« Plusieurs militaires sont sacrifiés à cause d’un réseau mafieux qui ternit l’image de toute l’armée », poursuit-il, plaidant pour une opération sérieuse d’identification des militaires. « Il faut savoir combien sont encore en vie, combien sont décédés, et combien sont réellement en opération. Cela permettrait de mettre fin à cette mafia qui prospère dans le flou », insiste-t-il.

Jack Sinzahera, également membre de la société civile, va plus loin et appelle à des sanctions sévères. « Le président de la République doit tirer des leçons de cette situation. Ces révélations rejoignent nos dénonciations. Nous appelons à des mesures fortes, et à ce que les auteurs de ce désordre organisé soient punis conformément aux lois de la République. »

Cette situation, estime-t-il, mine gravement l’efficacité des FARDC sur le terrain et compromet l’engagement patriotique. Il appelle le gouvernement à rendre la carrière militaire plus attrayante afin d’encourager l’adhésion des jeunes. « Lorsque les militaires sont mal pris en charge, cela dissuade les jeunes de s’enrôler. Or, en cette période de menace sur la nation, notre armée a plus que jamais besoin de troupes motivées. »

Le député national Enock Batsotsi Nyamwisi, quant à lui, juge que les propos du gouverneur militaire doivent servir d’électrochoc. « Ce qu’il a dit doit nous interpeller sérieusement. Il faut recruter et former de nouveaux soldats. Le problème des effectifs est connu. C’est un devoir de conscience pour l’État. »

Dans une récente déclaration, le gouverneur militaire de l’Ituri a en effet exprimé une vive colère face à l’opération menée par l’Inspection générale des FARDC, visant à contrôler les militaires inactifs et les ayants droit des militaires décédés. Cette opération, pilotée par le Secrétariat général à la Défense, a entraîné la suspension temporaire de certaines soldes dans le but d’obtenir une base de données fiable sur les effectifs. Une initiative cruciale, selon plusieurs sources, pour restaurer la transparence, la discipline et l’efficacité des opérations militaires en cours.

Azarias Mokonzi

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