Guerre dans l’Est : L’opposition congolaise trace sa ligne rouge et réclame un dialogue souverain
Dans un contexte déchiré par des divisions sur la sortie de la crise sécuritaire à laquelle fait face la République démocratique du Congo, le cacique de l’opposition apporte sa recette. Dans une déclaration commune rendue publique ce jeudi 01 mai 2025, Fayulu, Katumbi, Sesanga et Kabila affirment que la crise dans l’Est du pays ne pourra trouver d’issue durable que dans une solution congolaise, endogène, souveraine et inclusive.
« Aussi louables et bienvenues qu’elles soient, les initiatives des pays amis et des organisations régionales ou internationales ne peuvent remplacer la recherche, par nous Congolais, des solutions à nos problèmes », déclarent-ils d’entrée. Le ton est donné. Cette déclaration ne se contente pas d’observer les dynamiques en cours : elle s’inscrit comme un acte politique de rupture et de proposition.
Un signal d’alerte sur les limites des accords récents
Tout en saluant les engagements diplomatiques pris récemment à Washington (24 avril) et à Kigali (25 avril), les leaders de l’opposition dénoncent leur portée limitée : « Elles ne constituent pas pour autant une base suffisante pour une solution définitive et durable de la crise, vu qu’elles n’en abordent que les aspects extérieurs et militaires, au demeurant en défaveur de la RD Congo ». Derrière cette critique, se profile une inquiétude profonde : celle de voir la souveraineté congolaise instrumentalisée dans des compromis asymétriques.
La gouvernance de Tshisekedi sévèrement mise en cause
Sans jamais le nommer, Fayulu, Katumbi, Sesanga et Kabila désigne le régime en place comme une partie du problème. Face à cette situation, ils exigent un dialogue intercongolais, soulignant que la crise actuelle oppose uniquement les congolais, ce qui nécessite pas l’intervention militaire étrangère. « Exigeons, par conséquent, le retrait de notre territoire, de toutes les forces étrangères, ainsi que des mercenaires, afin de créer des conditions optimales pour le règlement des différends qui opposent les Congolais par les Congolais eux-mêmes », font-ils savoir. Cette position innocente le Rwanda, et congolaise plus le M23, une rébellion soutenue largement par Kigali.
Les signataires pointent également « la violation intentionnelle de la Constitution, la poursuite de la gabegie financière, la mauvaise gouvernance, la violation systématique des droits humains, la restriction des libertés fondamentales et la consolidation de la dictature », par le régime en place « issu de la fraude électorale », selon eux.
Une vision alternative : dialogue national et souveraineté intégrale
La déclaration met en avant une initiative jugée exemplaire : celle conjointe de la CENCO et de l’Église du Christ au Congo (ECC), seule à proposer un véritable cadre de dialogue inclusif, porté par des Congolais pour des Congolais. Les signataires réaffirment leur « soutien à l’initiative conjointe CENCO-ECC, qui a le triple mérite d’être, à ce jour, la seule initiative par des Congolais, privilégiant un dialogue ouvert à toutes les parties prenantes congolaises sans exclusive ».
Ils vont plus loin en exigeant Outre, le retrait de toutes les forces étrangères et des mercenaires du territoire national, mais également la publication des accords et arrangements conclus dans le cadre des processus de paix pour garantir la transparence vis-à-vis de la population, le retour des déplacés et réfugiés dans leurs lieux d’origine, sans condition ni discrimination.
Au-delà de la gravité des faits dénoncés, cette déclaration commune révèle une dynamique politique nouvelle. Quatre poids lourds de la scène politique congolaise, aux trajectoires souvent antagonistes, convergent aujourd’hui autour d’un socle de valeurs républicaines : souveraineté, justice, démocratie et paix durable. Une alliance de circonstance, ou les prémices d’un futur front de salut public ?
La Rédaction