« Safisha Muji wa Goma »: Une opération en désuétude et sans bilan contrasté ?
Depuis sa prise de fonction en tant que maire intérimaire en juillet 2023, la ville de Goma seingne à travers ses entités composantes, ce, malgré l’opération « Safisha Muji » lancée par l’autorité urbaine pour lutter contre la criminalité urbaine.
En effet, en dépit de l’engagement du commissaire supérieur principal Faustin Kamand Kapend s à œuvrer pour la sécurité de la capitale provinciale du Nord-Kivu, des cas de banditismes se multiplient. Il existe donc un écart entre entre les intentions du maire et la réalité vécue sur terrain.
Alors que l’opération « Safisha Muji » se déploie, le banditisme et la criminalité continuent de prospérer dans cette ville de l’Est de la République Démocratique du Congo. Les habitants expriment leur mécontentement face à l’inefficacité de cette initiative. Un résident de la commune de Karisimbi témoigne : « Au début, nous avions espéré que l’arrivée du nouveau maire mettrait fin à notre insécurité va produire. Malheureusement, la situation ne fait qu’empirer. Chaque nuit, des hommes armés s’introduisent chez nous. Pour moi, l’opération Safisha Muji Wa Goma n’a apporté aucune amélioration sur le plan de la sécurité », a dit cet habitant qui s’est exprimé en toute liberté.
Pour le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA), la demande est claire : l’exigence d’un nouveau leadership à la tête de la ville pour restaurer la sécurité et mettre terme aux cas de banditisme dans la ville.
« Face à l’insécurité persistante et à l’inefficacité des mesures mises en place, nous demandons au gouvernement central de nommer un autre maire capable de stabiliser la ville. Chaque jour, on nous présente des bandits qui réapparaissent rapidement dans le quartier. Nous exigeons également que ceux qui sont arrêtés soient jugés publiquement. Les autorités militaires et civiles, tant au niveau urbain que provincial, ont prouvé leurs limites en matière de sécurité. Les actions entreprises ne sont que des mesures superficielles, et la population en subit les conséquences. Nous appelons à la levée de l’état de siège » a déclaré Hangi Moïse, membre de LUCHA.
Face à cette insécurité omniprésente, les habitants de Goma ont commencé à prendre des mesures de précaution. Une résidente de Karisimbi explique : « Nous vivons une période difficile avec une criminalité rampante dans toute la ville. Pour nous protéger, nous avons décidé de bloquer nos avenues avec de grosses pierres chaque nuit pour empêcher les bandits de nous attaquer », affirme-t-elle.
En seulement une semaine, deux corps ont été découverts dans des sacs dans la commune de Karisimbi, illustrant ainsi l’urgence de la situation. Des morts à Goma ne sortent plus de l’ordinaire compte tenu de l’ampleur de la situation. Les habitants s’habituent maintenant aux assassinats, meurtres, braquages et vols réguliers. Ce phénomène complique davantage la sécurité de la ville.
« Lorsqu’il est 17h, 18, et même 19 h à Goma, si tu n’es pas encore rentré à la maison, il ne faut pas promettre demain car l’irréparable peut arriver à tout moment. Lorsqu’il est 21 là au-moins il y a un peu de calme ; encore lorsqu’il sera 1 h du matin c’est le calvaire. C’est affreux ce que nous sommes entrain de vivre à Goma actuellement », a déploré un autre habitant.
La société civile elle, pense que cette situation est due à la sur-militarisation dans la ville.
« « La sur-militarisation créée l’insécurité ai sein de la population civile. Il y a une hausse historique des tueries et de kidnapping, la circulation incontrôlée d’armes, les arrestations arbitraires des notables, des députés et des défenseurs de droits humains », a-t-elle fait savoir dans une déclaration rendue publique Samedi 21 septembre dernier en exigeant l’ordre constitutionnel au sommet de la province et dans les entités territoriales décentralisées.
Anselme Syangoma et Azarias Mokonzi