Lubero : l’assassinat de trois membres du FRN plonge Kayina dans l’engrenage de la répression
Une vive inquiétude s’est emparée de la commune rurale de Kayna, dans le territoire de Lubero (Nord-Kivu), suite à l’assassinat de trois membres de la rébellion du Front Refondation de Nation (FRN), un mouvement associé à Joseph Kabila. Cette agglomération, comme plusieurs autres de la région, demeure sous le contrôle de l’administration rebelle, qui a intensifié la répression contre la population civile.
Les tensions ont dépassé un palier après le 18 octobre, date à laquelle trois cadres de la rébellion ont été tués dans des circonstances encore floues. Parmi les victimes figurent Anselme Kinduvuira, qui occupait la fonction de secrétaire de la commune pour le compte du mouvement, ainsi que deux combattants rebelles.
En réaction à ces meurtres, les forces rebelles ont lancé une vague de représailles ciblant particulièrement la jeunesse locale. Un jeune taximan a été sommairement exécuté, les rebelles le soupçonnant d’être un combattant Wazalendo impliqué dans le triple assassinat. Sept autres jeunes ont été arrêtés au cours d’une opération de bouclage systématique menée par le FRN pour retrouver les auteurs de l’attaque.
Selon des sources locales, ces sept jeunes ont été transférés à Kasando, une localité située à moins de cinq kilomètres de Kayna, où ils sont actuellement privés de liberté.
Face à cette détérioration sécuritaire et à la multiplication des arrestations arbitraires, de nombreux jeunes ont pris la décision de fuir Kayna pour se réfugier dans des zones plus sûres.
Ce climat de terreur n’est pas sans rappeler les événements survenus fin juillet dans la localité voisine de Kirumba. À l’époque, cinq notables avaient été arrêtés pour une présumée collaboration avec un acteur politique basé à Kinshasa. Si deux d’entre eux ont depuis recouvré la liberté, les trois autres resteraient détenus à Rutshuru, illustrant le mode opératoire de l’administration rebelle dans la zone.
Sur place, la société civile et des sources locales montent au créneau. Elles dénoncent avec vigueur les violations graves des droits humains infligées à une population civile sans défense, prise en étau entre la rébellion et les dynamiques de conflit qui secouent le Nord-Kivu.
Azarias Mokonzi