Ituri : Des sujets indiens accusés d’exercer illégalement le petit commerce à Biakato, Teturi et Lwemba
En République Démocratique du Congo, la législation réserve exclusivement l’exercice du petit commerce aux nationaux. Pourtant, dans la province de l’Ituri, précisément à Biakato, Teturi et Lwemba, plusieurs sujets de nationalité indienne sont pointés du doigt pour violation de cette disposition légale, suscitant l’inquiétude des acteurs de la société civile et des professionnels de la santé.
L’alerte a été donnée par Erikas Kyaviro, un activiste local des droits humains, qui affirme avoir constaté la présence active de ces expatriés dans des activités commerciales de détail.
Selon les témoignages recueillis par l’activiste, l’offre de ces commerçants ambulants est variée mais touche des secteurs sensibles.
« Lors de mes déplacements, j’ai personnellement échangé avec cinq d’entre eux : une personne vendant des bracelets et des chaînettes, trois vendant des médicaments contre la toux et le rhume, à des prix variant entre 30 et 100 dollars, et une autre vendant des chaussures », dénonce Erikas Kyaviro.
La vente de ces produits de première nécessité ou de fantaisie par des expatriés asphyxie directement les petits commerçants congolais, qui peinent à faire face à cette concurrence déloyale sur les marchés locaux.
Plus alarmant encore, ces sujets étrangers se sont introduits dans le secteur de la santé de manière informelle. Ils proposent à la population des remèdes présentés comme des « médicaments purement traditionnels », allant jusqu’à prétendre qu’ils peuvent guérir efficacement le virus Ebola.
Cette situation crée un risque sanitaire majeur dans une région historiquement vulnérable aux épidémies. En faisant confiance à ces produits miracles, de nombreux malades hésitent désormais à se rendre dans les centres de santé officiels pour obtenir une prise en charge médicale appropriée.
« Alors que toute personne présentant des symptômes inquiétants devrait être orientée rapidement vers une structure sanitaire pour une évaluation appropriée, certains de ces commerçants proposent des médicaments traditionnels et rassurent les malades. Cela ne risque-t-il pas de retarder le recours aux soins et de compliquer la détection précoce d’une éventuelle maladie grave ? », s’inquiète l’activiste.
Face à cette situation, l’opacité règne autour de la situation de ces expatriés et de la dangerosité des produits qu’ils écoulent. Plusieurs questions fondamentales restent en suspens : « sont-ils régulièrement identifiés ? Leurs activités respectent-elles la législation congolaise ? Les médicaments vendus sont-ils autorisés et leur provenance vérifiable ? », s’est-il interrogé.
Tout en se défendant de formuler des accusations sans preuves formelles, Erikas Kyaviro estime que les conséquences de ces activités sur l’économie locale, le pouvoir d’achat des Congolais et surtout la sécurité sanitaire de la population sont trop lourdes pour être ignorées. Il appelle à des vérifications urgentes et rigoureuses de la part des autorités économiques, migratoires et sanitaires de la province de l’Ituri.
Azarias Mokonzi