Sud-Kivu : Les habitants de Katogota chassés de leurs foyers par la coalition FRN-M23-RDF
Depuis la soirée du vendredi 30 octobre 2026, de nombreuses familles de la localité de Katogota, situées dans le territoire d’Uvira, sont contraintes de tout abandonner maisons, terres et biens sous la pression des éléments de la coalition FRN-M23-RDF.
Dans un communiqué officiel rendu public ce samedi 31 octobre, le Gouvernement provincial du Sud-Kivu a réagi fermement à ces évènements, dénonçant des manœuvres de déportation forcée orchestrées par le Rwanda et ses supplétifs.
« Le gouvernement provincial du Sud-Kivu condamne avec la plus grande fermeté la déportation des populations civiles de Katogota engagée depuis la soirée du vendredi 30 octobre 2026 par les éléments du M23 rénové, supplétifs de l’armée rwandaise », indique le communiqué.
L’exécutif provincial pointe du doigt la responsabilité directe de Kigali et prend à témoin les instances nationales et internationales, qualifiant ces actes d’expulsion forcée de « nouveau crime de guerre que le Rwanda mène contre la République démocratique du Congo ».
Contraints de céder face à la force des armes, les habitants de Katogota viennent grossir les rangs des milliers de déplacés chassés par la violence à travers la plaine de la Ruzizi. En leur exprimant la solidarité de toute la province, les autorités ont réaffirmé l’urgence et la nécessité d’un retour garanti de ces populations dans leurs foyers respectifs.
Cette nouvelle vague de dépossessions ravive des traumatismes profonds au sein de la population locale. Le gouvernement provincial a tenu à rappeler le lourd tribut déjà payé par cette localité martyr, le 14 mai 2000, lorsque des troupes rwandaises et leurs alliés y avaient massacré des centaines d’innocents une tragédie dont 375 victimes sont encore honorées chaque année par leurs proches.
« 26 ans plus tard, sur la même terre, le nom des supplétifs a changé, mais l’agression demeure », déplore le gouvernement provincial, soulignant l’amère continuité des souffrances endurées par les civils dans cette partie du Sud-Kivu.
« Le gouvernement provincial conteste que les habitants de Katogota sont contraints par la force d’abandonner leurs maisons, leurs terres, et leurs biens . Ces familles rejoignent des nombreux civils que la guerre a déjà chassé dans la Ruzizi. Il leur adresse la solidarité de toute la province. Le gouvernement provincial rappelle que Katogota porte le deuil du massacre du 14 mai 2000. Des troupes rwandaises et leurs supplétifs, y avaient alors tué des centaines de civils et les familles honorent chaque année la mémoire de 375 victimes. 26 ans plus tard, sur la même terre, le nom des supplétifs a changé, et l’agression demeure », lit-on dans ce communiqué.
Pour l’exécutif provincial, « Ces actes prolongent une pratique documentée. Dans un rapport déposé le 30 décembre 2025, des experts des nations unies ont décrit l’expulsion de civils de leurs terres par l’AFC-M23 dans les zones occupées du Nord-Kivu puis le refus de leur en rendre l’accès ».
Azarias Mokonzi