Loi de finances 2027 : Face à la guerre, le gouvernement alloue 20 % des recettes courantes à la sécurité et à la diplomatie
En réponse à la préoccupation du député national Mbindule Mitono Crispin, qui plaidait pour une hausse substantielle des moyens alloués à l’armée face à l’agression dont est victime la République Démocratique du Congo, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a recadré les priorités de son action lors du débat général sur le projet de loi de finances pour l’exercice 2027.
Tout en saluant le patriotisme de l’élu, la cheffe du gouvernement a rappelé que la victoire et la paix durable s’obtiennent par les armes, mais aussi « au-delà des armes ».
Dans sa réplique devant la représentation nationale, Judith Suminwa a détaillé la stratégie financière de l’exécutif pour faire face à la crise sécuritaire, tout en préservant les équilibres sociaux du pays.
La Première ministre a souligné que la montée en puissance des forces armées demeure au cœur de la vision du gouvernement. Pour preuve, l’alignement budgétaire actuel consacre déjà un effort considérable aux secteurs stratégiques liés à la crise.
« 20 % des recettes courantes sont d’ores et déjà alloués conjointement aux forces de défense et de sécurité, à la diplomatie, ainsi qu’à la communication de guerre. », a-t-elle répondue.
Pour répondre à l’urgence sur les lignes de front, la cheffe du gouvernement a ouvert la porte à une flexibilité budgétaire accrue. Ces chiffres peuvent être rehaussés à 51 % des recettes courantes, une fois déduites les dépenses contraignantes incontournables que représentent le remboursement de la dette publique et la rémunération des agents de l’État.
Tout en validant la pertinence de la motion du député Mbindule Mitono, Judith Suminwa a tenu à fixer les limites de l’austérité budgétaire que pourrait imposer une militarisation excessive de l’économie. « L’honorable qui propose plus de ressources à la défense n’a pas du tout tort », a-t-elle admis, avant de nuancer : « Cependant, tout en faisant la guerre, votre gouvernement a l’obligation d’assurer le bien-être de la population dans son ensemble. »
Pour l’exécutif, l’effondrement des services sociaux de base d’où notamment l’éducation, la santé, et les infrastructures constitueraient une autre forme de défaite interne. La résilience de la population face à l’agression dépend également de la capacité de l’État à garantir un quotidien digne à ses concitoyens.
Cette position de la Première ministre met en lumière l’approche multidimensionnelle de son gouvernement face à la crise sécuritaire. La réponse n’est pas uniquement militaire ; elle est aussi diplomatique, pour isoler les agresseurs, communicationnelle, pour mobiliser l’opinion nationale et internationale, et socio-économique, pour stabiliser les zones non conflictuelles et couper les racines de l’enrôlement rebelle.
Alors que le projet de loi de finances 2027 poursuit son examen au Parlement, le défi pour les députés et le gouvernement sera de trouver le curseur exact entre le renforcement indispensable des FARDC et le financement du développement national.
Azarias Mokonzi