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Tazama RDC

Trafic d’or et financement des ADF : The Sentry exhorte la communauté internationale à démanteler les réseaux ougandais

Trafic d’or et financement des ADF : The Sentry exhorte la communauté internationale à démanteler les réseaux ougandais

Dans son nouveau rapport intitulé « Brutalité adossée à l’or : les Forces démocratiques alliées (ADF) affiliées à l’EIIL en République démocratique du Congo », l’organisation d’enquête et d’analyse politique The Sentry révèle que l’or extrait illégalement dans l’Est de la RDC est devenu la principale source de financement de cette rébellion.

Selon les conclusions de l’enquête publiées fin octobre 2026, l’organisation armée génère entre 960 000 et 1,6 million de dollars par an rien qu’à partir des mines d’or qu’elle contrôle dans la région de Manguredjipa (Nord-Kivu), en plus d’autres territoires aurifères sous sa coupe.

Cet essor économique permet à la branche congolaise de l’État islamique de s’autonomiser face aux financements extérieurs.

L’enquête de The Sentry met en lumière l’acheminement de cet or de conflit vers les réseaux de négoce, d’affinage et d’exportation établis en Ouganda.

Face à l’ampleur de ce système mafieux, l’organisation appelle le Conseil de sécurité des Nations unies, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Union européenne à cibler les maillons de cette chaîne :

« Le Conseil de sécurité des Nations unies, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE) devraient enquêter sur les chaînes d’approvisionnement en or de conflit reliant l’Est de la RDC aux réseaux ougandais de négoce, d’affinage et d’exportation. Une attention particulière devrait être accordée à l’identification des négociants, intermédiaires, affineurs, exportateurs et facilitateurs financiers qui, sciemment ou par négligence, facilitent le blanchiment de l’or de conflit au profit du groupe ADF. », a recommandé l’organisation dans son rapport.

The Sentry insiste sur le fait que la pression militaire menée notamment via des opérations conjointes entre les armées congolaise et ougandaise n’a pas permis de démanteler le groupe, se limitant le plus souvent à le déplacer vers de nouveaux bassins aurifères et cacaoyers.

« Étant donné que la pression militaire n’a réussi qu’à déplacer le groupe plutôt qu’à le démanteler, l’ONU, l’UE et d’autres partenaires internationaux devraient aider le gouvernement de la RDC à élaborer des stratégies civiles à long terme visant à réduire l’enracinement local des ADF et leur base de recrutement. La priorité devrait être accordée au renforcement de la capacité des communautés à résoudre les conflits locaux, que les ADF exploitent fréquemment pour s’attirer l’adhésion de la population locale en se présentant comme les Walinda Amani « gardiens de la paix » avant d’imposer leur propre régime coercitif », indique le rapport.

Azarias Mokonzi

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