RDC : Le Conseil d’État ordonne la dissolution du PPRD de Joseph Kabila
Le Conseil d’État de la République démocratique du Congo a prononcé, ce vendredi 30 octobre 2026 à Kinshasa, la dissolution officielle du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), formation politique fondée par l’ancien président Joseph Kabila.
Cette décision judiciaire intervient dans un contexte politique particulièrement tendu, marqué par une série de mesures répressives et de recompositions majeures au sein de l’ancienne majorité présidentielle.
La dissolution du PPRD par le Conseil d’État prolonge l’étau resserré par les autorités congolaises. Le 15 octobre 2026, le gouvernement avait déjà ordonné l’interdiction immédiate des activités de 13 partis politiques nationaux, ciblant nommément le PPRD ainsi que le LGD de Matata Ponyo, sur décision du vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani.
Cette mesure gouvernementale faisait suite à l’émergence d’une nouvelle donne : le lancement par Joseph Kabila du Front pour la refondation de la nation (FRN), un mouvement perçu par Kinshasa comme politico-militaire, dans un climat où l’ancien chef de l’État fait face à de graves accusations et à des condamnations judiciaires dont une condamnation à mort par contumace en septembre 2025.
Dans le camp du pouvoir en place mené par le président Félix Tshisekedi, plusieurs responsables ont publiquement salué la décision du Conseil d’État. Ils justifient cette mesure par le glissement de Joseph Kabila vers la lutte armée et l’alignement de sa nouvelle plateforme avec des dynamiques insurrectionnelles menaçant la sécurité nationale.
Côté PPRD, l’onde de choc accélère une hémorragie interne déjà bien entamée.
Dès la mi-octobre, plusieurs figures de premier plan et cadres du parti à l’instar de Patrick Nkanga Bekonda, rapporteur du Bureau politique avaient annoncé leur démission du PPRD et leur désolidarisation de Joseph Kabila. Ces responsables ont rejeté le recours aux armes, réaffirmant leur attachement exclusif aux voies constitutionnelles et démocratiques.
Les rares cadres restés fidèles ou s’exprimant sous couvert d’anonymat dénoncent une décision « arbitraire », rendue selon eux en violation des droits de la défense et du principe du contradictoire.
Avec cette dissolution, le PPRD fondé le 31 mars 2002 et pilier de la vie politique congolaise pendant plus de deux décennies ayant dirigé le pays sous Joseph Kabila et conservé un groupe parlementaire important lors des scrutins passés cesse officiellement d’exister sur l’échiquier institutionnel de la RDC.
Azarias Mokonzi