Crise à l’Est de la RDC : RSF fustige une décision « disproportionnée » du CSAC
Dans sa récente sortie médiatique, l’ONG Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé ce qu’elle qualifie de « restriction disproportionnée » de la liberté de la presse, après la recommandation du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) interdisant aux médias de donner la parole au Front pour la Refondation de la Nation (FRN).
Adoptée en plénière le 15 octobre et signée le 19 octobre à Kinshasa, le CSAC enjoint aux médias audiovisuels, aux journalistes, chroniqueurs, influenceurs et créateurs de contenus de s’abstenir de tout entretien, direct ou diffusion de communiqués des dirigeants et membres du FRN ainsi que des groupes armés qui lui sont affiliés.
Le texte va plus loin en proscrivant toute « légitimation » ou « banalisation » des activités de la rébellion, ainsi que la parole donnée aux représentants de partis politiques interdits, sous peine de sanctions.
Cette mesure intervient alors que le FRN le nouveau mouvement politico-militaire annoncé comme étant lié à l’ancien président Joseph Kabila et qui se revendique comme successeur de l’AFC/M23 multiplie les sorties médiatiques.
Face à ce que Kinshasa qualifie de menace pour la souveraineté nationale, le CSAC veut verrouiller l’espace médiatique.
Une stratégie que conteste RSF.
L’organisation juge les termes de « légitimation » et de « banalisation » dangereusement vagues et estime que cette interdiction prive les journalistes congolais de leur droit fondamental d’informer sur le conflit qui déchire l’Est du pays.
Richard Maliro