Butembo : faible activité économique au deuxième jour de la ville morte
Décrétées par une partie des mouvements citoyens et groupes de pression de la ville de Butembo au Nord-Kivu, les deux journées ville morte ont partiellement paralysé les activités économiques et scolaires dans différents coins de la ville.
Tout comme la journée du jeudi 15 octobre, ce vendredi 16 octobre, la situation évolue partiellement au centre-ville de Butembo. Par crainte de voir leurs biens vandalisés, certains commerçants gardent leurs boutiques fermées et s’organisent en petits carrefours où ils commentent l’actualité politique du pays.
Des pneus brûlés sont visibles à plusieurs carrefours des principales artères menant vers le centre-ville. Dans le secteur de l’éducation, certaines écoles primaires et secondaires ont renvoyé les élèves à la maison, tandis que d’autres ont constaté un très faible taux de présence.
Cependant, la circulation sur les artères principales reste fluide. Malgré cette tension, certaines banques et institutions de micro-finance, notamment Rawbank, TMB, et COOPEC CODEFI, ont maintenu leurs portes ouvertes et continuent de servir les clients.
Le dispositif sécuritaire a été renforcé. Des véhicules de la Police Nationale Congolaise, visiblement en patrouille, sillonnent les différentes artères de la ville et procèdent parfois au dégagement des pneus brûlés par les initiateurs de la journée ville morte.
Que revendiquent exactement ces mouvements citoyens et groupes de pression ?
Dans des messages vidéos et audios relayés sur les réseaux sociaux, des figures bien connues issues des mouvements citoyens et groupes de pression disent revendiquer :
- La libération de l’acteur politique Clovis Mutsuva détenu à la prison de Beni-Kangbayi ;
- La libération d’Assa Mahamba, ancien leader du mouvement Wazalendo ;
- Des éclaircissements sur le présumé détournement par des députés nationaux des fonds liés à la sensibilisation sur Ebola et des frais alloués à la construction de ponts à Butembo par le gouvernement provincial.
Jusqu’à présent, aucune autorité politico-administrative de la ville ne s’est encore prononcée officiellement sur ce mouvement.
Richard Maliro