RDC : L’activisme des ADF paralyse la rentrée scolaire à Lubero, plus de cinq écoles toujours fermées à Mwenye
Un mois après le coup d’envoi officiel de l’année scolaire 2026-2027, le chemin des classes reste inaccessible pour des centaines d’enfants dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu. Dans le groupement Mwenye, l’insécurité chronique et les déplacements massifs de populations maintiennent plusieurs établissements scolaires portes closes.
Le constat, alarmant, est dressé par le Conseil local de la jeunesse de Mwenye. La crise touche particulièrement les villages de Mausa, Lumba et Sijambale, situés dans la chefferie de Baswagha. Dans cette partie de la province, la reprise effective des activités scolaires demeure hypothétique, marquée par une absence quasi-totale des enseignants et des élèves qui ont fui la région.
Cette paralysie est la conséquence directe des exactions et de l’activisme des rebelles des ADF.
Sur le terrain, la désolation est palpable. « Les activités scolaires peinent à reprendre normalement. Nous constatons avec regret que plus de cinq écoles pourraient ne pas reprendre leurs activités », déplore le représentant du Conseil local de la jeunesse.
L’organisation pointe du doigt une combinaison de facteurs critiques : l’insécurité persistante, la fuite des familles vers des zones supposées plus sûres, ainsi que la désertion des corps enseignants. Déjà, lors de l’année scolaire 2025-2026, plus de 5 000 élèves de ce même groupement n’avaient pas pu achever leurs cours pour les mêmes raisons.
Face à ce tableau sombre, la structure juvénile refuse de céder à la fatalité. Elle lance un appel pressant à la résilience locale :
« Nous encourageons les parents à envoyer leurs enfants à l’école et les enseignants à reprendre leurs postes, dans le respect des mesures sanitaires recommandées. L’éducation est essentielle pour l’avenir de nos enfants ».
Au-delà de la sensibilisation communautaire, les regards se tournent vers les autorités nationales. Le Conseil local de la jeunesse exhorte le gouvernement congolais à prendre ses responsabilités pour stopper l’hémorragie sécuritaire.
« Nous lançons un appel au gouvernement congolais pour qu’il renforce ses efforts en faveur du rétablissement d’une paix durable dans le groupement Mwenye. Nous demandons notamment le déploiement et le renforcement des forces de sécurité dans les villages affectés », plaide-t-il avec insistance.
Azarias Mokonzi