Sécurité nationale : Quand l’ombre du M23 plane désormais sur le Haut-Katanga
Réuni en Conseil des ministres ce vendredi 13 mars 2026 à Kinshasa, le gouvernement de la République démocratique du Congo a tiré la sonnette d’alarme. Une menace insurrectionnelle, qualifiée d’« en incubation », plane sur la province du Haut-Katanga, réveillant les spectres de l’instabilité dans cette région stratégique du sud-est.
Selon le compte-rendu du Conseil des ministres, un mouvement armé d’un genre nouveau se structure dans le Haut-Katanga. Ce groupe présenterait des liens probables avec les rebelles du M23, tout en étant assimilé aux miliciens locaux Bakata-Katanga, connus pour leurs revendications sécessionnistes passées.
Le point de bascule de cette alerte se situe dans le Parc national de l’Upemba. Au début du mois de mars, la localité de Lusinga, qui abrite le quartier général de cette réserve naturelle, a été le théâtre d’une incursion sanglante.
L’attaque a coûté la vie à plusieurs personnes, dont des agents de conservation de la nature, jetant l’effroi parmi les populations locales et les autorités environnementales. Pour l’exécutif, cet assaut n’est pas un acte isolé mais le signe précurseur d’une volonté d’organiser une insurrection calquée sur le modèle du Nord-Kivu.
Face à ce qu’il considère comme une menace sérieuse pour l’intégrité territoriale, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a lancé un appel à la mobilisation générale.
« Nous appelons les forces de sécurité et les communautés locales à rester vigilantes et à coopérer pleinement afin de neutraliser toute menace», a-t-il dit.
Sur le terrain, la réponse s’organise. Le gouverneur de province a annoncé le déploiement de renforts militaires pour traquer les assaillants et stabiliser la zone de Lusinga. L’objectif est clair : étouffer l’œuf de l’insurrection avant qu’elle ne gagne en ampleur et n’embrase la région.
Cette situation intervient alors que l’Est du pays est déjà meurtri par l’activisme du M23. La crainte de voir une « jonction » s’opérer entre les fronts de l’Est et le Sud-Est pousse le gouvernement à exiger une vigilance accrue des institutions. Pour Kinshasa, la stabilité du Haut-Katanga, poumon économique du pays, est une priorité absolue qui ne saurait tolérer l’émergence d’une nouvelle crise sécuritaire.
Azarias Mokonzi