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Crise à l’Est : Modeste Bahati Lukwebo met en garde contre un cessez-le-feu qui consacre « la balkanisation »

Crise à l’Est : Modeste Bahati Lukwebo met en garde contre un cessez-le-feu qui consacre « la balkanisation »

Alors que les appels au calme se multiplient dans l’est de la République Démocratique du Congo, l’ancien président du Sénat et actuel deuxième vice-président de la chambre haute, Modeste Bahati Lukwebo, brise le silence. Pour l’autorité morale de l’AFDC-A, un cessez-le-feu qui se contenterait de geler les positions actuelles ne serait rien d’autre qu’une validation tacite de la partition du pays.

S’exprimant sur la crise persistante entre Kinshasa et la coalition AFC/M23, Modeste Bahati Lukwebo a tenu à recadrer le débat autour du cessez-le-feu. Si la cessation des hostilités est officiellement réclamée, elle ne doit pas, selon lui, devenir un piège diplomatique visant à entériner l’occupation.

Pour le sénateur, la définition technique du cessez-le-feu, où chaque camp conserve ses positions, est extrêmement dangereuse dans le contexte actuel du Nord et du Sud-Kivu. « Sachez bien que lorsqu’on observe le cessez-le-feu, c’est-à-dire que chaque camp garde sa position. Or, à ce jour, une bonne partie de notre territoire national est occupée et administrée par l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda », a-t-il martelé.

Selon Bahati Lukwebo, accepter ce gel des lignes de front reviendrait à accepter une « balkanisation » de fait. Il dénonce ainsi ceux qui, dans l’ombre ou par naïveté, soutiennent un statu quo qui ne ferait que consacrer la partition de la RDC.

Tout en saluant la « diplomatie agissante » du Président Félix Tshisekedi, le deuxième vice-président du Sénat a appelé la communauté nationale et internationale à porter ses efforts sur un point précis : le retrait des troupes étrangères.

Le combat ne doit plus se limiter à de simples trêves fragiles, mais s’axer sur la mise en œuvre stricte de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies. Ce texte international exige sans ambiguïté le retrait total des forces rwandaises du sol congolais. Pour l’élu du Sud-Kivu, seule la pression internationale pour l’application de cette résolution permettra de restaurer l’intégrité territoriale, loin des faux-semblants d’un cessez-le-feu qui ne profiterait qu’aux agresseurs.

Azarias Mokonzi

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