RDC/Walikale : La société civile dit non aux « faux notables » et au M23
Les fils et filles du territoire de Walikale disent avoir accueilli avec un profond chagrin une déclaration attribuée à un groupe de ressortissants de Walikale, qu’ils accusent d’être manifestement acquis à la cause rwandaise et de se présenter « abusivement comme des notables du Territoire ». Dans un communiqué au ton ferme, ils dénoncent une prise de position jugée offensante, dangereuse et assimilable à une trahison.
Selon les signataires, cette déclaration constitue « une insulte flagrante à l’égard des populations de Walikale, qui, depuis 1994, subissent de lourdes pertes en vies humaines et d’innombrables exactions perpétrées par le Rwanda sous diverses formes ». Ils estiment également qu’il s’agit d’« une trahison qui ne restera pas impunie ».
Les auteurs du texte rappellent que la détérioration persistante de la situation sécuritaire dans le Nord-Kivu est largement imputée, selon eux, aux actions de Kigali et à la complicité de certains Congolais. « Il n’est point nécessaire de rappeler aux Congolais que la dégradation de la situation sécuritaire dans la province du Nord-Kivu est, en grande partie, le résultat des manigances rwandaises, soutenues par certains traîtres congolais en quête de gains faciles, au prix du sang de leurs propres frères et sœurs », peut-on lire.
Dans ce document, les fils et filles de Walikale mettent en garde contre ce qu’ils qualifient de stratégies de diversion. Ils dénoncent « les déclarations malicieuses des Rwandais, véhiculées par leurs marionnettes, qui cherchent à s’inviter une fois de plus sur le territoire de Walikale, où ils convoitent des terres et des ressources minières ».
Le communiqué insiste sur le caractère irréconciliable de ces positions avec la mémoire collective locale. « Les fils et filles du territoire de Walikale affirment avec force qu’ils ne pardonneront jamais à leurs compatriotes qui s’engagent dans la trahison aux côtés des Rwandais, ces derniers demeurant nos véritables ennemis, et non des sauveurs », soulignent-ils.
Pour étayer leur position, les signataires évoquent plusieurs épisodes tragiques de l’histoire du territoire, notamment les événements de mars 1993 à Walowa-Uroba (village Ntoto). Ils rappellent que « les populations de Walikale s’étaient vaillamment défendues contre le plan diabolique des Rwandais qui visaient à exterminer les autochtones de notre territoire ».
Ils font également référence aux violences survenues à partir de 1994, après l’arrivée massive des réfugiés hutu-rwandais en RDC et les guerres qui ont suivi. « L’atrocité de la guerre du Rwanda en République Démocratique du Congo […] a entraîné des attaques sur la population civile de Walikale, sans aucun moyen de défense », rappellent-ils, citant notamment « le massacre de Busurungi, de triste mémoire ».
Le texte accuse par ailleurs le Rwanda d’avoir soutenu ou orchestré plusieurs mouvements armés et stratégies de déstabilisation. « Nul n’ignore que les différentes guerres menées par la RCD, le CNDP, ainsi que les M23 1 et 2 sont autant d’actions orchestrées par Kigali pour renforcer sa volonté d’occuper une partie de la province du Nord-Kivu », affirment-ils.
Les signataires estiment que la récente déclaration des « soi-disants notables » de Walikale vivant à Goma, tout comme les prises de position du mouvement JLC, « s’inscrivent dans le même mode opératoire du Rwanda visant à distraire l’opinion publique et à nous opposer aux Autorités, à l’armée et aux vaillants Wazalendo ».
Dans leur conclusion, les fils et filles de Walikale rejettent catégoriquement toute légitimité à cette déclaration. « La déclaration de soi-disants notables de Walikale résidant à Goma n’a aucune valeur et n’engage que leurs auteurs », déclarent-ils, et ne se privent pas du plaisir d’affirmer qu’elle « renforce notre vigilance concernant la sécurité de notre Territoire ».
Ils formulent aussi plusieurs décisions et appels, notamment que « Walikale dans sa particularité et le Nord-Kivu en général ne sont pas à vendre » et réaffirment leur soutien aux FARDC, à la PNC, aux Wazalendo et aux institutions de la République. Ils annoncent également qu’« une plainte à leur charge est en gestation pour trahison, usurpation de pouvoir et de qualité ».
Un appel à l’unité et à la mobilisation conclut le communiqué, exhortant les fils et filles de Walikale à défendre leur territoire « jusqu’au sacrifice suprême ».
La rédaction