Procès Roger Lumbala : Des témoignages et des rapports d’experts renforcent le chef d’accusation de la partie civile
Les organisations non gouvernementales « parties civiles » dans le dossier Roger Lumbala misent sur des témoignages puissants et des rapports d’experts pour renforcer leurs preuves face à cet ancien seigneur de guerre.
Des rapports d’experts aux témoignages de victimes, le tribunal est davantage éclairé et le procès prend petit à petit une allure inquiétante pour la partie prévenue, qui se retrouve désormais face à une situation démasquée.
Parmi les témoignages déjà recueillis, on peut citer celui de Xavier Macky Kisembo, de l’ONG Justice Plus. Ce rapport s’est penché sur la méthodologie rigoureuse utilisée pour identifier les victimes. Il décrit également des problèmes majeurs ayant freiné la continuité du processus de consultation des victimes, en citant plus particulièrement les menaces pesant sur lesdites victimes. Pour lui, il a été constaté les violences subies par les communautés Nande et pygmées.
Une autre ONG partie civile est la Clooney Foundation for Justice, représentée par Yasmine Chubin et Hélène Helbig de Balzac. Cette organisation affirme qu’il existe encore des cas non documentés suite à la dégradation de la situation sécuritaire à l’Est de la RDC. Cependant, elle insiste sur « l’urgence de documenter les cas de violences sexuelles, encore largement sous-déclarées ».
Serge Ngabu se sert de l’expérience de longue date de son organisation dans la documentation des crimes graves. Il souligne des craintes liées aux probables représailles mettant en danger les victimes et les défenseurs des droits humains.
Daniel Perissi, de l’organisation non gouvernementale TRIAL International, a renforcé ses explications sur les raisons de constituer la partie civile. Le rapport Mapping, publié par les Nations unies en 2025, n’a pas été du reste. Par le biais du professeur Luc Henkinbrant, un détail sur « les origines et l’importance de ce projet » a été présenté. Il regorge au moins 617 incidents graves en RDC entre 1993 et 2003, constituant des faits ayant trait aux crimes internationaux. De ces témoignages et explications, aux échanges téléphoniques en passant par les documents officiels, Roger Lumbala a été illustré dans la hiérarchie du RCD-N, d’où son implication dans les opérations militaires de 2002-2003 ne laisse planer aucun doute.
Voilà en exemple autant de membres de la partie civile qui ont présenté leurs témoignages pour fournir un éclairage sur la justice internationale et le contexte du conflit à l’Est de la RDC.
Parlant de la cour, elle s’est déclarée compétente, rejetant ainsi la demande soulevée par la partie de la défense, qui sollicitait une extradition de Roger Lumbala pour être jugé en République démocratique du Congo. Après examen des rapports onusiens de 2001 à 2002, la cour a eu suffisamment d’éléments sur « l’escalade des violences autour d’Isiro et Mambasa, où l’alliance politico-militaire forgée entre le RCD-N et le MLC s’est focalisée sur une logique d’extension territoriale ».
La Rédaction