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Ituri et Nord-Kivu : Plus de 1 000 civils tués, Bintou Keita appelle à la protection des populations

Ituri et Nord-Kivu : Plus de 1 000 civils tués, Bintou Keita appelle à la protection des populations

Devant le Conseil de sécurité, ce mercredi 30 septembre 2025, la représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies en République démocratique du Congo (RDC), Bintou Keita, a dressé un tableau alarmant de la situation humanitaire et des droits de l’homme dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Depuis juin, plus de 1 087 civils ont été tués lors d’actes de violence en Ituri et au Nord-Kivu, a-t-elle indiqué, et souligné que le bilan s’alourdit de jour en jour.

A l’en croire, les exactions commises par les groupes armés se multiplient. Elle laisse entendre que l’AFC/M23 continue de recruter massivement et de restreindre les libertés dans les zones sous son contrôle. Mais également, elle a ajouté que les Forces démocratiques alliées (ADF), liées à l’État islamique, ont exécuté 300 civils en trois mois, ciblant notamment des rassemblements religieux et des funérailles. En Ituri, les attaques de la CODECO et de la Convention pour la Révolution Populaire (CRP) aggravent encore la détresse des populations. « Des hommes, des femmes et des enfants sont tués, blessés ou enlevés », a dénoncé Mme Keita.

Les conséquences humanitaires sont dramatiques. Bintou Keita souligne aussi que dans la nuit de dimanche à lundi, la MONUSCO a abrité 3 500 personnes dans sa base de Gina après de violents affrontements. La cheffe de mission a également exhorté les groupes armés engagés dans le dialogue de paix d’Aru II à « libérer les 400 enfants qu’ils détiennent encore ».

Au Sud-Kivu, où la MONUSCO n’est plus opérationnelle depuis 2024, les violations des droits de l’homme persistent également. Mme Keita s’est dite préoccupée par les violences sexuelles liées au conflit, qui demeurent largement sous-déclarées. Elle a réitéré la nécessité de permettre au Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l’homme d’accéder aux zones contrôlées par le M23 afin de documenter les abus. Elle a aussi appelé à « déployer sans délai la commission d’enquête indépendante », dont le financement reste en suspens.

Pour l’ONU, la crise humanitaire dans l’Est de la RDC exige une réponse urgente. « Les civils, malheureusement, sont pris au piège », a résumé Bintou Keita, qui appelle la communauté internationale à agir pour que les populations congolaises retrouvent enfin la paix et la dignité.

La rédaction

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