Beni : Des commerçants tués et un véhicule incendié dans une nouvelle attaque attribuée aux ADF
Un drame sanglant s’est une fois de plus produit ce vendredi 26 septembre 2025 sur l’axe routier Oïcha-Mamove, situé dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu.
En effet, un véhicule de marque Fuso, transportant des commerçants qui se rendaient au marché de Mamove, est tombé dans une embuscade tendue par les rebelles ADF. Selon les premiers témoignages recueillis sur place, plusieurs passagers ont été tués sur le champ, le véhicule a été incendié, et huit corps sans vie ont déjà été acheminés à la morgue. « Il y avait plusieurs commerçants. Les victimes ont été surprises par ces assaillants, le véhicule a été incendié et des morts s’en sont suivis », a expliqué une source locale.
Face à ce nouveau carnage qui endeuille les familles et replonge la population de Beni dans la peur, l’opposant politique Fabrice Saa Mbili dénonce une fois de plus ce qu’il qualifie d’incapacité notoire de l’État à restaurer la paix et la sécurité dans l’Est du pays.
« Depuis des années, la population de Beni vit sous la terreur des ADF, et malgré les promesses répétées de ce régime, les massacres se poursuivent avec une régularité macabre. Aujourd’hui encore, des commerçants innocents ont été froidement exécutés à quelques kilomètres seulement des positions militaires censées les protéger. Cela démontre clairement l’absence totale de l’autorité de l’État dans cette partie de la République », martèle Fabrice Saa Mbili.
À l’en croire, la situation actuelle n’est pas seulement une tragédie humanitaire, mais aussi un échec flagrant des politiques sécuritaires du régime en place. « Le gouvernement a préféré multiplier des discours populistes et des opérations militaires mal planifiées au lieu de s’attaquer aux causes profondes de l’insécurité. L’armée congolaise est souvent livrée à elle-même, sans logistique ni coordination efficace, pendant que les civils continuent de payer de leur sang l’irresponsabilité des dirigeants », poursuit-il.
Fabrice Saa Mbili estime par ailleurs que le régime Tshisekedi s’est enfermé dans une politique de communication creuse, cherchant à masquer son impuissance par des effets d’annonce, alors que le terrain témoigne d’une réalité cruelle, celle selon laquelle l’Est du pays est livré à lui-même.
« Ce carnage de trop à Beni confirme ce que nous dénonçons depuis longtemps : le peuple congolais est abandonné. Tant que l’État restera absent et que le pouvoir central continuera de gérer la crise sécuritaire par l’improvisation et la négligence, les tueries vont se poursuivre. Il est temps que le régime rende des comptes », conclut-il.
C’est une énième tuerie déplorée cette semaine. Ces mêmes rebelles ont massacré plusieurs autres civils dans le territoire de Lubero et rôdent dans plusieurs villages du territoire de Mambasa.
Azarias Mokonzi