RDC-Justice : Trois ans de prison requis contre l’opposant congolais Seth Kikuni
Une audience cruciale s’est tenue à la prison de Makala concernant l’opposant politique Seth Kikuni, où le ministère public a requis une peine de trois ans de prison et une amende de 950 000 FC. Cette demande a été formulée dans le cadre d’une affaire portant sur l’infraction de propagation de faux bruits, une accusation qui suscite de vives inquiétudes quant à la liberté d’expression en République Démocratique du Congo.
Lors de cette audience, les avocats de M. Kikuni, représentés par Maître Héritier Bulambo, ont plaidé devant le tribunal de paix de Kinshasa/Gombe. Ils ont soulevé des questions sur la capacité du ministère public à prouver le caractère infractionnel des déclarations de leur client. Selon Maître Bulambo, bien que l’infraction de faux bruits soit définie par l’article 199 bis du code pénal congolais, le ministère public peine à établir un lien entre les propos de Kikuni et cette infraction. Il a exprimé sa surprise face à la sévérité des sanctions requises, soulignant que ces accusations semblent infondées.
L’affaire est désormais mise en délibéré, avec un prononcé du tribunal attendu dans les délais légaux. La défense, qui qualifie ce procès de politique, reste optimiste quant à l’acquittement de son client, arguant que le ministère public n’a pas réussi à fournir des preuves solides.
Vêtu de l’uniforme des prisonniers et en présence de son épouse, Seth Kikuni a pris la parole pour alerter sur les dangers que pose la criminalisation de ses discours. L’ancien candidat à la présidence a affirmé que sa condamnation serait un coup porté à la liberté d’expression et à la démocratie dans le pays. Il est accusé d’avoir incité, lors d’une intervention à Lubumbashi le 27 août 2024, la population du Haut-Katanga à désobéir aux lois, en déclarant que « le Congo va mal parce que le grand Katanga va mal. »
Cette affaire soulève des questions essentielles sur le respect des droits humains et la liberté d’expression en RDC. Alors que le pays lutte encore pour établir une démocratie véritable, le sort de Seth Kikuni pourrait avoir des répercussions significatives sur la scène politique et sociale du pays. L’attente du verdict devient ainsi un moment déterminant non seulement pour l’opposant, mais également pour l’avenir de la liberté d’expression en République Démocratique du Congo.
Josué Mutanava